I O PIERRE DAVENNE APPREND UN TERRIBLE ACCIDENT C' tait par une chaude soir e d' t ; l'accablante ardeur de la journ e succ dait une nuit lourde et pleine d'orage; de longues nu es noires s' tendaient sur le ciel gris, teignant les derni res lueurs rouges du soleil couchant. En m me temps que la nuit, le silence envahissait le vieux quartier du Marais. Neuf heures et demie venaient de sonner; la rue Payenne tait d serte. Les rares boutiques taient ferm es, les hauts contrevents des vieux h tels taient clos. De la rue du Parc-Royal la rue des Francs-Bourgeois une seule maison avait encore ses fen tres clair es. Petite maison d'apparence discr te, construite au milieu d'un jardin touffu, - arrach dans une vente au parc du grand h tel voisin, - dans l'ombre des arbres s culaires, elle paraissait le nid frais et fleuri d'un m nage heureux. C' tait une de ces constructions modernes qui, cherchant corriger un style, n'a plus m me l'originalit du sien. lev e sur un sous-sol qui servait aux cuisines, on arrivait au rez-de-chauss e par un perron sur la grille duquel se tordaient les plantes grimpantes de saison. Le rez-de-chauss e se composait d'un vaste salon, d'un fumoir et d'une salle manger. C'est de cette derni re pi ce que jaillissait la lumi re, qui, tamis e par le feuillage des arbres, talait ses arabesques lumineuses sur le pav noir de la rue.