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29 kirjaa tekijältä Emile Chevalier

La Capitaine

La Capitaine

Emile Chevalier

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2015
nidottu
Extrait Le masque de soie Prologue La fuite Les deux poux rest rent seuls. Durant ce dernier repas de chasse, o il devait dire adieu aux aimables folies de la jeunesse, suivant son expression, M. de Grandfroy avait fait des libations inaccoutum es. Ses yeux taient rouges, son teint anim , ses l vres ardentes. Il quitta son cigare, le jeta au feu, et, s' tablissant sur le canap o Clotilde travaillait une tapisserie: - Palsembleu ma ch re, lui dit-il, vous tes ravissante, ce soir. Jamais je ne vous vis si belle; les lys et les roses de votre visage effacent les fleurs les plus parfum es; je me sens rajeuni cet aspect adorable, et je voudrais n'avoir que vingt ans pour jouir de la charmante perspective d'un demi-si cle passer pr s de vous. Avec ces paroles de go t quivoque, et ponctu es d'un regard dont la signification n' tait gu re douteuse, M. de Grandfroy se pencha vers Clotilde, et essaya de lui d rober un baiser. Mais la jeune femme fit un mouvement dans le sens oppos , et le baron, perdant son quilibre, roula du canap vers le garde-feu. Madame de Grandfroy dissimula un sourire m prisant derri re son ouvrage. Son mari se releva bravement en s' criant: - Palsembleu j'ai failli tomber Ces diablesses de nouvelles inventions - et du bout du pied il frappa le canap - sont tellement troites et peu profondes, qu'on n'y peut tenir l'aise. Parlez-moi des sofas, des bons et spacieux fauteuils comme il y en avait jadis. Ah dans notre temps, en 17... Mais il se reprit, comme si cette r miniscence lointaine lui paraissait inopportune: - C'est- -dire, enfin, quand j' tais mon printemps. Alors on se disputait mon coeur; c' tait la duchesse de L..., la marquise de B..., la petite vicomtesse de R..., une d licieuse cr ature Ah oui; elle vous ressemblait, ma ch re. J' tais difficile, pourtant, oh tr s difficile: on m'avait tant g t croiriez-vous que j'ai fait attendre un an la princesse de P..., et que la pr sidente D... est morte de chagrin parce que je lui tenais rigueur. Ce n'est pas qu'elle manqu t d'attraits, la pr sidente Palsembleu on se l'arrachait la cour o elle avait ses petites entr es. Grands yeux noirs assassins, nez la Roxelane, carnation qui faisait p lir la palette de M. Boucher; fossette au menton, et une bouche Oh ma toute belle, une bouche la v tre seulement comparable
Les derniers Iroquois

Les derniers Iroquois

Emile Chevalier

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2015
nidottu
Extrait: I La veuve indienne et ses maris La nuit est noire, profonde: rares sont les toiles qui, comme des diamants fix s un dais de velours bleu fonc , scintillent et l dans l'immensit des cieux. Pas un rayon de lune pour clairer l'espace. Cependant des bruits tranges, des chants bizarres s' l vent du mont Baker, limite septentrionale de la cha ne des Cascades, dans la Nouvelle-Cal donie. Cette cha ne, compos e de collines reli es par les pics Baker, Rainier1, Sainte-H l ne, Hood, Jefferson et Jackson, ourle le littoral du Pacifique, quelque vingt lieues des c tes, et se d ploie presque parall lement elles, comme un arc, dont les monts Sainte-H l ne et Jefferson formeraient les sommets, le mont Hood le point d'appui pour ajuster la fl che. Situ es au 122 de longitude, les Cascades s' tendent du 49 latitude N. au 43 S. Le Rio-Columbia les coupe en deux parties peu pr s gales. On peut leur assigner comme bornes, en haut, la baie Bellingham, dans le golfe de G orgie, vis vis de l' le Vancouver, et en bas la rivi re Smiths, qui se verse dans l'Oc an. Ces bornes ne sont toutefois pas d finitives, car apr s avoir sembl se perdre dans les vall es spacieuses, les Cascades reparaissent plus robustes, plus sourcilleuses que jamais et projettent d'un c t leur t te chenue jusque sous le p le, tandis que, par le mont Shast , elles descendent jusqu'en Californie, baigner leurs pieds aux ondes du Sacramento.
Le gibet

Le gibet

Emile Chevalier

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2015
nidottu
Extrait: I Les fianc s Par une glace, plac e au-dessus du piano, Rebecca vit entrer Edwin dans le parloir. Son coeur battit avec force; un clair traversa ses yeux; elle rougit beaucoup, mais son corps ne fit aucun mouvement, et elle continua de d chiffrer sa partition comme si rien de nouveau ne lui f t arriv . Sans remarquer l' motion qui l'avait agit e, Edwin courut elle en s' criant d'une voix troubl e: - Rebecca ma ch re Rebecca Les doigts de la jeune fille ne quitt rent point les touches de son instrument; cependant elle tourna lentement la t te, et, d'un ton froid: - Ah c'est vous, Edwin dit-elle. Frapp par la s cheresse de cette r ception, il s'arr ta court au milieu de la pi ce. - Je croyais, miss Rebecca... balbutia-t-il. Mais elle l'interrompt avec une vivacit fi vreuse: - Vous pouvez retourner d'o vous venez, monsieur Edwin p lit; un frisson parcourut ses membres. Sentant qu'il chancelait, il s'appuya un gu ridon. Rebecca semblait avoir oubli sa pr sence, et elle tracassait son piano avec plus d'ardeur que jamais. Pendant quelques minutes, nulle parole ne tomba de leurs l vres: la jeune fille jouait un morceau du c l bre op ra de Balfe, Bohemian Girl. Le jeune homme se demandait s'il devait se retirer ou rester. Mais, fianc depuis sa plus tendre enfance Rebecca, lev pr s d'elle, connaissant la fougue de son temp rament et la bont de son coeur, il ne pouvait croire qu'elle f t jamais f ch e contre lui, bien qu'elle e t des motifs pour lui en vouloir. Aussi, surmontant sa douleur, il brusqua une explication.
Le chasseur noir

Le chasseur noir

Emile Chevalier

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2015
nidottu
xtrait: I TRAG DIE NOCTURNE Il faisait tout fait nuit quand le chasseur arriva au lieu o il avait dress ses pi ges la nuit pr c dente. C' tait un de ces sites pittoresques que l'on trouve seulement dans les cha nes des montagnes Rocheuses. Des barri res presque infranchissables, de gigantesques remparts de terre et de pierres en d fendaient l'approche. Mais, si bien gard e qu'il f t par la nature, ce pertuis tait accessible un trappeur 1], car ses yeux exerc s savent d couvrir la passe la plus troite, et sa main sait ouvrir les portes secr tes des montagnes: ses pieds sont familiers avec les sentiers d sol s, et les mousses des arbres, aussi bien que les toiles du firmament, servent diriger ses pas. Note 1: Les Canadiens-fran ais d signent ainsi les gens qui font la traite des pelleteries dans l'Am rique septentrionale.] Le chasseur avait gagn la gorge solitaire dont nous venons de parler par un cul-de-sac que longtemps il avait cru connu de lui seul. Mais ayant, depuis peu, perdu plusieurs pi ges tendus, au fond de cette gorge, pr s d'une rivi re qui l'arrosait et s' chappait, en se frayant un passage travers les masses de granit, il avait commenc ne plus se consid rer comme l'unique violateur de cette profonde retraite. Arriv sa destination il eut un mouvement de surprise et de col re, facile concevoir, en remarquant que ses pi ges avaient encore disparu. Une fois assur du fait, il se mit fureter a et l , autant que les t n bres pouvaient le lui permettre, pour d couvrir quelques traces des auteurs de la soustraction; mais il lui fut impossible d'obtenir la moindre preuve que le lieu e t t visit par un blanc ou un Peau-rouge. Apr s avoir r fl chi un instant, le trappeur se coucha dans de hautes herbes et des plantes aquatiques sur le bord de la rivi re, qui, ce point, semblait sourdre du coeur m me des montagnes, sous une vo te norme de rochers. Notre homme s'amusa couter le murmure des eaux, en se demandant comment elles avaient pu s'ouvrir une voie travers ces blocs si compactes et si puissants. Les voiles de la nuit s' paissirent. L'ombre parut rouler et se condenser dans le bassin jusqu' ce qu'elle ressembl t ces t n bres gyptiennes que l'on pouvait palper. Tout coup, une lueur brilla sur la ravine.... Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
Les derniers Iroquois

Les derniers Iroquois

Emile Chevalier

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2015
nidottu
Extrait: CHAPITRE PREMIER LA VEUVE INDIENNE ET SES MARIS La nuit est noire, profonde: rares sont les toiles qui, comme des diamants fix s un dais de velours bleu fonc , scintillent a et l dans l'immensit des cieux. Pas un rayon de lune pour clairer l'espace. Cependant des bruits tranges, des chants bizarres s' l vent du mont Baker, limite septentrionale de la cha ne des Cascades, dans la Nouvelle-Cal donie. Cette cha ne, compos e de collines reli es par les pics Baker, Rainier1 Sainte-H l ne, Hood, Jefferson et Jackson, ourle le littoral du Pacifique, quelque vingt lieues des c tes, et se d ploie presque parall lement elles, comme un arc, dont les monts Saint-H l ne et Jefferson formeraient les sommets, le mont Hood le point d'appui pour ajuster la fl che. Note 1: (retour) C'est l'orthographe exacte du nom que, par erreur, j'ai quelquefois appel Ramer dans mes pr c dents ouvrages. Situ es au 122 de longitude, les Cascades s' tendent du 49 latitude N. au 43 S. Le Rio-Columbia les coupe en deux parties peu pr s gales. On peut leur assigner comme bornes, en haut, la baie Bellingham, dans le golfe de G orgie, vis vis de l' le Vancouver, et en bas la rivi re Smiths, qui se verse dans l'Oc an. Ces bornes ne sont toutefois pas d finitives, car apr s avoir sembl se perdre dans les vall es spacieuses, les Cascades reparaissent plus robustes, plus sourcilleuses que jamais et projettent d'un c t leur t te chenue jusque sous le p le, tandis que, par le mont Shast , elles descendent jusqu'en Californie, baigner leurs pieds aux ondes du Sacramento. Plusieurs des pics qui, de m me que des sentinelles g antes, les dominent de distance en distance, sont volcaniques et sujets des ruptions fr quentes: de ce nombre, le Baker, haut de 10,700 pieds anglais. Tout d'un coup, les sons qui montaient sa base cess rent. Il se fit un silence solennel, peine troubl par le fr missement des feuillages au souffle de la brise. On e t dit que la solitude tait compl te, dans ces r gions incultes et lointaines. Mais, soudain, une flamme claire, p tillante, jaillit travers les t n bres: .... Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
L'enfer et le paradis de l'autre monde

L'enfer et le paradis de l'autre monde

Emile Chevalier

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2015
nidottu
L'ENFER CHAPITRE I LE FOYER DU COLON Ce jour-l Toronto, la capitale du Haut-Canada; tait froid, monotone et m lancolique. paisse aussi, bien paisse tait la neige sur les larges et tristes voies passag res. Dans les rues d sertes, comme dans la campagne, travers les arbres, au fa te des difices, et loin, fort loin sur la baie silencieuse, ce n' tait que neige -neige ici, neige l , neige partout. Du nord s' lan ait une bise piquante qui balayait les plaines, balayait la ville et balayait le lac; de lourds nuages noirs marchaient p niblement au ciel, et ils taient tout charg s de neige, encore de la neige. Le vent les chassait lentement en g missant, d'un ton lugubre, le long des art res de la cit . Chacun, chaque chose avait cet aspect triste qu'une journ e aussi sombre, aussi glaciale pouvait voquer. Les maisons elles-m mes avaient l'air ennuy et mal l'aise. Il semblait qu'elles regardassent avec humeur les rues solitaires et se serrassent les unes contre les autres en tremblotant et se plaignant comme de v ritables mortelles. Les fen tres aussi taient d laiss es et n'annon aient que trop combien peu on s'amusait dans les appartements qu'elles clairaient. Les quelques tra neaux dont, de temps en temps, tintaient les clochettes travers l'air froid et humide remplissaient d'une sensation d sagr able par leurs sons discords et criards. Les pi tons qui cheminaient sur les trottoirs taient envelopp s jusqu' mi-visage dans des fourrures et chauss s de mocassins. Ce qu'on apercevait de leur face tait bleui par la vivacit de l'atmosph re, et ils se heurtaient gauchement, s'il arrivait qu'ils se rencontrassent le long de l' troite piste. On aurait dit que tous taient dehors contre leur gr , et qu'ils se h taient de rentrer chez eux, l'exception de quelques individus de taille malingre, courb s, moiti couverts contre les rigueurs de la saison, et qui se tenaient au coin des rues, regardant d'un oeil d'envie, tant t les magasins, tant t les gens confortablement v tus qui les coudoyaient en passant. Les traits des pauvres malheureux portaient imprim e en caract res loquents cette silencieuse requ te: Oh il fait bien sombre et bien froid; vous avez une chaude maison pour vous abriter, vous; mais nous n'en avons pas, ou si nous en avons une, le vent y filtre partout, la neige s'y glisse et la pauvret a laiss teindre le feu dans l' tre. Si l'on se sentait mal et chagrin au coeur de la ville, au sein m me du luxe et de la richesse de la populeuse cit , plus forte raison il en tait ainsi dans les faubourgs, sur les mornes mar cages o de ch tives habitations maigrement distribu es per aient peine les bancs de neige que la tourmente y avait entass s.... Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien.
La fille des indiens rouges

La fille des indiens rouges

Emile Chevalier

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2015
nidottu
Extrait: I L'INSURRECTION -Je vous r p te, ma tre, que les hommes sont m contents. Ils menacent de se r volter. -Est-ce pour cela que tu es venu me troubler? -Mais... -Mais... qu'on donne la cale s che aux plus mutins et qu'on fasse courir la bouline aux autres Par Notre-Dame de Bon-Secours, c'est moi qui commande bord, et je veux tre ob i, entends-tu, Louison? -Sans doute, sans doute, ma tre. Cependant, si j'osais... -Quoi? -Vous tes plus savant que moi, ma tre, plus savant que nous tous, oh nous le savons bien ... -Au but -C'est, r pondit timidement Louison, que les vivres commencent manquer sur le Saint-R mi. L'eau est moiti g t e, et encore ai-je t oblig de diminuer les rations ce matin. Puis, s'enhardissant, il ajouta d'un ton plus d cid -Nos gens crient, voyez-vous, ma tre Guillaume. Ils disent, comme a, que depuis trop longtemps nous tenons la mer; que ce n' tait point pour un voyage de d couvertes, mais bien pour faire la p che des molues qu'ils se sont embarqu s; qu'il n'existe aucune terre dans ces parages; que, s'ils c dent davantage votre obstination, une mort affreuse les attend au milieu des glaces qui nous environnent, et... -Et tu partages leurs appr hensions interrompit ma tre Guillaume en haussant les paules. -Oh essaya Louison avec un air de dignit bless e. -Ne nie point, par Notre-Dame de Bon-Secours, ne nie point; je te connais, mon gars, tu es aussi couard que le dernier de nos novices. Mais, sois tranquille, je ferai, mon retour Dieppe, un bon rapport de ta conduite -Je ne croyais pas, ma tre, avoir manqu mes devoirs, repartit Louison avec une humilit feinte, car il accompagna ces paroles d'un regard haineux, quoique habilement dissimul sous la paupi re. -Assez sur ce sujet s' cria Guillaume en frappant du pied. Comment nommes-tu les rebelles? -Il y a d'abord: Cabochard, Br l -Tout, Gignoux Loup-de-Mer, puis... -Ce sont les meneurs, ceux-l , n'est-ce point? -Je le pr sume, ma tre. -Alors, qu'on leur inflige la grand'cale -J'avais pens que la cale s che... -J'ai dit la grand'cale, et sur-le-champ. Cet exemple assouplira les autres.... Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
La fille du pirate

La fille du pirate

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Extrait: EN MER I -Range carguer la grand'voile A peine ce commandement fut-il transmis par le porte-voix du capitaine et r p t par le sifflet du ma tre de manoeuvres, que cinq matelots s' lanc rent sur les chelles de corde. Mais au m me moment, une rafale pouvantable enveloppa le brick comme dans une trombe, et deux fois successives le courba tribord b bord, au point que les vagues bondirent par-dessus ses lisses. -Amenez les huniers sur le pont cria le capitaine Fran ois d'une voix de stentor. L'ordre se perdit dans le fracas de la temp te, et il n' tait pas articul qu'une seconde colonne d'air fondit sur le navire avec la rapidit de la foudre, brisa le perroquet du grand m t, les cacatois du m t de misaine et emporta les toiles qui restaient dehors. Un mousse, cramponn l'extr mit d'une vergue, o il s'effor ait de fixer la voile avec les rabans de ferlage, fut enlev par le tourbillon et tomba la mer. Cet accident passa inaper u au milieu de l'anxi t g n rale. Le vaisseau penchait affreusement sur le c t et mena ait de s'engloutir. -A la barre tonna le porte-voix. Le chef de timonerie y tait d j . -Elle ne gouverne plus, capitaine s' cria-t-il sourdement. -Bas le grand m t Cinq minutes apr s, l'arbre, sap sa base, s'abattait avec un horrible craquement. D j , le brick se relevait, lorsqu'un autre coup de vent faillit le submerger de nouveau. La position tait d sesp r e. Il n'y avait plus h siter. Le commandant le comprit. Assis son banc de quart, il avait surveill avec un sang-froid merveilleux les progr s de l'ouragan, et quand il vit qu'il ne lui restait qu'un moyen de sauver son vaisseau, il n'h sita pas l'employer. -Rasez tout s' cria-t-il. Puis, le bruit cadenc des haches frappant coups redoubl s le pied des deux derniers m ts se joignit aux mugissements des l ments en furie, et bient t le navire flotta au gr des flots. Cependant la temp te se calma peu peu: on renaissait l'esp rance, lorsque, tout coup, un calier parut sur le pont. -Nous faisons eau dit-il au capitaine qui se tenait sur le gaillard d'arri re, debout, immobile, les bras crois s sur la poitrine.... Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
L' Ile

L' Ile

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PROLOGUE EN BRETAGNE I LES ROUTIERS Par une belle matin e de mai 1598, deux cavaliers sortirent de la ville de Saint-Malo, prirent une route bois e qui conduisait au sud, et s'avanc rent vers un plateau escarp . Ces deux cavaliers portaient un costume mi-parti militaire, mi-parti de cour. Le plus vieux paraissait g de quarante-cinq ans. L'autre tait un jeune homme, v tu avec un go t sobre et distingu . Quoique arm , comme son compagnon, il semblait revenir d'une f te ou aller quelque gente r union de ch telaines. Sa physionomie avait ce caract re d'intr pidit f minine qui distingue les rejetons de la vielle noblesse; ses traits taient d licats, mais dans son oeil rayonnait une indicible fiert ; son front tait blanc comme le marbre, mais large et bomb , son nez finement dessin , mais hardi dans son jet, sa bouche petite, mais railleuse; son menton agr able mais allong ; son corps gr le, mais musculeux et vigoureusement charpent . Enfin, il tait le type de cette race franque qui s'imposa la Gaule par la force brutale apr s la d cadence de l'empire romain. Le premier avait nom Guillaume, marquis de la Roche-Gommard. Le second avait nom Jean, vicomte de Ganay. Celui-l tait Breton. Celui-ci tait Bourguignon. Tous deux comptaient des crois s parmi leurs a eux; et, bien que la glace f odale commen t se fondre au soleil de la royaut , les de la Roche et les de Ganay s'effor aient de suivre les traditions surann es de leurs anc tres. C'est pourquoi Jean avait t envoy en Bretagne par le comte Germain de Ganay, son p re, pour y faire ses premi res armes sous le patronage du marquis de la Roche, avec lequel il s' tait li d'amiti durant les guerres de la Ligue. Apr s avoir t page, Jean s' tait lev au grade d' cuyer, et, ce titre, servait Guillaume de la Roche. Durant une demi-heure les deux cavaliers chevauch rent sans prononcer une parole. Le chemin qu'ils parcouraient tait sinueux, raboteux et profond ment encaiss entre une double haie d'aub pine et de merisiers en fleurs. Le marquis, sombre et soucieux, s'abandonnait l'allure nonchalante de sa monture; le vicomte, non moins soucieux, d vorait l'horizon du regard, et aurait voulu sans doute presser le pas de sa monture, mais un sentiment de d f rence l'emp chait de devancer son compagnon qu'il suivait une courte distance. Tout coup, comme ils atteignaient un endroit o la route formait un coude, cinq cavaliers, arm s de toutes pi ces, lance en arr t, et visi re baiss e, s'offrirent leur vue. -Par la messe, que signifie ceci? s' cria Guillaume de la Roche tirant son p e. Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
Jacques Cartier

Jacques Cartier

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Jacques Cartier est l'un de ces explorateurs europ ens partis d'Espagne, du Portugal, d'Angleterre et de France au XVIe et au XVIIe si cles, principalement pour d couvrir un passage vers la Chine mythique. Cartier est devenu l'un des d couvreurs d'un nouveau monde, immense continent qui barrait le chemin aux navigateurs: les Am riques. En explorateur m ticuleux, il a inventori un vaste territoire s' tendant du golfe du Saint-Laurent jusqu'au site d'Hochelaga, devenu Montr al, et il a attribu ce territoire au roi de France. Il n'est toutefois pas parvenu fonder une colonie durable. Les premiers historiens du Canada fran ais l'ont proclam d couvreur du Canada au XIXe si cle, car Jacques Cartier servait tr s bien les int r ts nationalistes mergents. L'histoire Les faits historiques concernant Jacques Cartier, ce grand marin malouin, sont d sormais bien connus et ils ne concordent pas toujours avec la repr sentation construite son sujet. Comme les rois des autres puissances europ ennes, Fran ois Ier (1494-1547) cherche en Am rique le passage vers l'Orient mythique. Giovanni da Verrazano ayant chou dans cette qu te, Jean Le Veneur, grand aum nier de France et abb du Mont-Saint-Michel, conseille son roi qui y est en p lerinage de confier une nouvelle exp dition l'un des membres de sa famille: l'exp riment pilote malouin Jacques Cartier. Ce dernier est n en 1491 dans la maison familiale sise non loin de Saint-Malo, Limo lou, nom par la suite donn un arrondissement de la ville de Qu bec. Une fois devenu capitaine, Cartier a particip des exp ditions sur la c te am ricaine au Br sil, et a galement connu des p cheurs qui fr quentent les Grands Bancs de Terre-Neuve. Cet homme est donc fort bien pr par partir la recherche du convoit passage du Nord-Ouest qui m nerait la Chine Aller navigation, rechercher Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
Les Nez-perces

Les Nez-perces

Emile Chevalier

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CHAPITRE PREMIER POIGNET-D'ACIER-NICK WHIFFLES -Castors et loutres voil un sac qui est tonnerrement lourd, capitaine. Il y a au moins la charge de deux hommes. Tenez, c'est tout au plus si je puis le remuer. Et pourtant Nick Whiffles n'est pas une poule mouill e, Dieu, non Que diable ferez-vous donc de tout cet or-l ? -Soyez sans inqui tude, mon brave, je trouverai ais ment son placement, r pondit le capitaine en souriant. -Ais ment ais ment mais il y a l de quoi acheter toutes les femmes de la cr ation, et ce n'est gu re ce qui vous tente, vous, car jamais on ne vous a vu tourner les yeux sur une squaw. Ce n'est pas comme mon oncle le grand voyageur dans l'Afrique centrale; lui, il aurait fait dix fois le tour du monde pour rencontrer un beau brin de fille. Il en avait toujours comme a cinq ou six douzaines ses trousses, oui bien, je le jure, votre serviteur Et Nick Whiffles, abandonnant un gros sac de cuir de buffle qu'il avait vainement essay de soulever, plongea sa main dans une blague en peau de vison pendue sur sa poitrine, retira une poign e de tabac et s'en bourra la bouche. -Vous ne l'avez pas connu mon grand-p re? demanda-il au bout d'un instant. -Je croyais que vous parliez de votre oncle? -Oncle ou grand-p re, a ne fait rien, capitaine. C' tait un fameux touriste, comme ou dit aujourd'hui. Il avait un fier cheval, allez Ensemble ils parcoururent la terre, la mer, tout le globe. Est-ce que vous les avez rencontr s dans vos excursions? -Non, ami Nick, non, r pliqua le capitaine, riant de la franche bonhomie avec laquelle le trappeur d bitait ses bourdes. -Alors, c'est un malheur; car vous tiez fait pour vous entendre avec eux, dit celui-ci d'un ton de regret sinc re. Voyez-vous, mon parrain tait aussi fort que vous... Aller navigation, rechercher Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
La Capitaine

La Capitaine

Emile Chevalier

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2015
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PROLOGUE LA FUITE Les deux poux rest rent seuls. Durant ce dernier repas de chasse, o il devait dire adieu aux aimables folies de la jeunesse, suivant son expression, M. de Grandfroy avait fait des libations inaccoutum es. Ses yeux taient rouges, son teint anim , ses l vres ardentes. Il quitta son cigare, le jeta au feu, et, s' tablissant sur le canap o Clotilde travaillait une tapisserie: -Palsembleu ma ch re, lui dit-il, vous tes ravissante, ce soir. Jamais je ne vous vis si belle; les lys et les roses de votre visage effacent les fleurs les plus parfum es; je me sens rajeuni cet aspect adorable, et je voudrais n'avoir que vingt ans pour jouir de la charmante perspective d'un demi-si cle passer pr s de vous. Avec ces paroles de go t quivoque, et ponctu es d'un regard dont la signification n' tait gu re douteuse, M. de Grandfroy se pencha vers Clotilde, et essaya de lui d rober un baiser. Mais la jeune femme fit un mouvement dans le sens oppos , et le baron, perdant son quilibre, roula du canap vers le garde-feu. Madame de Grandfroy dissimula un sourire m prisant derri re son ouvrage. Son mari se releva bravement en s' criant: -Palsembleu j'ai failli tomber Ces diablesses de nouvelles inventions-et du bout du pied il frappa le canap -sont tellement troites et peu profondes, qu'on n'y peut tenir l'aise. Parlez-moi des sofas, des bons et spacieux fauteuils comme il y en avait jadis. Ah dans notre temps, en 17... Mais il se reprit, comme si cette r miniscence lointaine lui paraissait inopportune: -C'est- -dire, enfin, quand j' tais mon printemps. Alors on se disputait mon coeur; c' tait la duchesse de L..., la marquise de B..., la petite vicomtesse de R..., une d licieuse cr ature Ah oui; elle vous ressemblait, ma ch re. J' tais difficile, pourtant, oh tr s-difficile: on m'avait tant g t croiriez-vous que j'ai fait attendre un an la princesse de P..., et que la pr sidente D... est morte de chagrin parce que je lui tenais rigueur. Ce n'est pas qu'elle manqu t d'attraits, la pr sidente Palsembleu on se l'arrachait la cour o elle avait ses petites entr es. Grands yeux noirs assassins, nez la Roxelane, carnation qui faisait p lir la palette de M. Boucher; fossette au menton, et une bouche Oh ma toute belle, une bouche la v tre seulement comparable Pour confirmer sans doute la justesse de la comparaison, le baron de Grandfroy, qui s' tait replac pr s de Clotilde, lui passa sournoisement un bras autour de la taille et l'attira lui. -Ah monsieur, vous tes inconvenant dit la jeune femme en se d gageant. -Inconvenant ma ch re, moi, votre mari? -Permettez que je me retire dans mon appartement. -Un moment, un moment, ma diva. Causons un peu Que diable, vous tes plus sauvage et plus prude qu'au sortir du couvent Dirait-on jamais qu'il y a un an que vous tes mari e? Et il lui prit la main. -Laissez-moi, monsieur, laissez-moi, je vous prie dit Clotilde d'un ton suppliant. -Vous laisser fit le baron en lui roulant des yeux qui voulaient tre tendres et n' taient que lubriques; vous laisser Aller navigation, rechercher Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien.
Poignet d'acier

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Emile Chevalier

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Extrait: CHAPITRE PREMIER A LORETTE -Ma foi, oui, je le r p te, j'envie votre sort, mon cher James. -Et moi, je le maudis; vrai Dieu -Vous plaisantez? -Plaisanter le diable m'emporte si je plaisante La belle existence que j'ai en perspective l'hiver, un froid geler le mercure; l' t une chaleur r tir tous les poissons de la baie d'Hudson. Pour compagnie, des sauvages abominables; pour distraction, des femmes monstres; pour horizon, des neiges et des glaces qui durent huit dix mois de l'ann e, et, brochant sur le tout, la faim, la soif qui vous font trop fid le et constante escorte: voil le tableau -Bah vous exag rez les Indiennes ne sont pas si laides... -Pardieu, vous en parlez tout votre aise, vous qui tes all chercher dans le d sert la plus charmante femme du globe, r pondit James avec une teinte d'amertume. Puis, il ajouta, en glissant sur son interlocuteur un coup d'oeil incisif: -Mais comment peut-on regretter la vie d'aventures, quand on a le bonheur pour h te assidu son foyer? L'autre soupira sans r pondre. James saisit avec avidit ce signe de m contentement. Comme un clair, la joie brilla une seconde sur son visage; toutefois, il continua froidement: -Non-seulement vous avez pous la personne que vous aimiez, mais vous tes riche, consid r , artiste en renom; en faut-il plus pour tre satisfait, mon bon Alfred? -J'avoue, dit celui-ci, qui n'avait point remarqu les divers mouvements de James, j'avoue qu'aux yeux du monde, je para trais un ingrat si je me plaignais. Comme vous le disiez, j'adore Victorine autant qu'elle me ch rit... A ces mots, le jeune homme auquel ils s'adressaient d tourna la t te: ses sourcils se fronc rent et il se mordit la l vre inf rieure comme pour refouler une motion violente. Alfred poursuivait toujours, sans se douter de rien. -Nous sommes heureux, fort heureux, et cependant... -Cependant? r p ta James en tressaillant. -Cependant, je vous le confie, je m'ennuie parfois. Aller navigation, rechercher Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
La Tete-plate

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Extrait: LA T TE PLATE CHAPITRE PREMIER LES CAPTIFS -Les Chinouks sont des femmelettes. Ils ne savent pas plus vaincre leurs ennemis que les torturer. Moi, j'ai tu deux fois quatre de leurs guerriers. -Tu as menti, Queue-de-Serpent, r pliqua un des chefs, en frappant le prisonnier de son tomahawk. Un flot de sang jaillit de la blessure que celui-ci avait re ue au visage. Sans pousser une plainte, il continua: -Oui, dans ma cabane, pendent les chevelures de deux fois quatre de ceux que les Chinooks appellent leurs braves sont morts en pleurant comme des daims timides. Un nouveau coup de tomahawk l'atteignit la poitrine. Les muscles fr mirent, ses dents grinc rent et des gouttes de sueur perl rent son front, mais la douleur ne lui arracha aucun cri, aucun mouvement convulsif. -Les Chinouks, poursuivit-il sto quement, ont le bras aussi faible que l'esprit. C'est du sang de li vre qui gonfle leur coeur. Comment pourraient-ils triompher des vaillants Clallomes, eux qui ne peuvent les renverser quand les Clallomes sont attach s? J'ai enlev ta femme, Oeil-de-Carcajou, et elle m'a servi comme esclave. A ces mots, l'indien qu'il interpellait bondit de fureur. Tirant de sa gaine un long couteau, il se pr cipita sur le captif pour l'en percer. Un de ses compagnons l'arr ta. -Non, ne le tue pas encore, lui dit-il; nous lui montrerons comment les Chinooks traitent les hiboux de son esp ce. Et, saisissant un b ton enflamm qui se consumait sur un brasier voisin, il flamba les jambes de sa victime, tandis que Oeil-de-Carcajou lui faisait de larges entailles dans le ventre en vocif rant: -Si tu as rendu ma femme esclave, je rendrai la tienne veuve, et je mangerai ta chair pour en jeter le reste aux chiens. -Mange-la donc; car tu en as besoin pour te donner le courage qui te manque, reprit froidement le Clallome. Oeil-de-Carcajou lui enlevait, pendant ce temps, une large portion de la cuisse et la d vorait sanglante... Aller navigation, rechercher Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.
Peaux-rouges et Peaux-blanches

Peaux-rouges et Peaux-blanches

Emile Chevalier

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Extrait: CHAPITRE PREMIER LES DOUZE APOTRES -Allons, Judas, verse-moi un verre de whisky, car je me sens alt r en diable. -Vous pouvez bien vous servir vous-m me fut-il r pondu d'un ton sec. -Et si je veux que ce soit toi qui me donnes boire, reprit le Mangeux-d'Hommes, en fron ant les sourcils. Judas leva d daigneusement les paules. -Par le Christ, mon fr re a n ne m'entends-tu pas? continua le premier. -La gourde est pr s de vous, riposta Judas. -Eh ce n'est pas cela que je te demande... -L'enfer vous confonde vous tes ivre comme un Indien. -Ivre ose r p ter que je suis ivre, vilain Iscariote hurla l'autre en ass nant sur la table un coup de poing, dont les chos de la salle r percut rent longuement le son. -Oui, vous tes ivre. Le Mangeux-d'Hommes se dressa, d'un bond, sur les pieds. Ce mouvement ne parut pas causer la moindre impression Judas, qui tailladait, avec son couteau, le banc sur lequel il tait assis. Pourpre d'alcool et de col re, son interlocuteur arma un revolver. -Si tu ne m'ob is pas, je te casse la t te -En campagne je suis votre lieutenant, toujours pr t me conformer vos ordres, mais ici, hors du service, votre gal. -Mon gal, toi ... -Voyons, capitaine, pas de b tises -Qu'entends-tu par des b tises? -J'entends qu'il ne faut pas quereller pour des riens, quand nous avons causer de choses s rieuses. -Tu voudrais me braver, hein? -Du tout; je veux que vous soyez raisonnable. Vous avez bu outre mesure, ce matin... -Tu mens A cette insulte, le front de Judas se plissa, un clair de ressentiment flamboya dans ses yeux: n anmoins, il demeura ma tre de lui et repartit avec calme: -A votre aise; mais rasseyez-vous, et parlons de notre projet. -Et s'il ne me pla t pas de me rasseoir vocif ra le Mangeux-d'Hommes, en frappant de nouveau la table, avec son pistolet, mais si violemment que plusieurs des coups dont il tait charg firent explosion et que la crosse se brisa en vingt morceaux. Judas ne put r primer un clat de rire, ce qui acheva d'exasp rer son chef. -Ah brigand, tu te moques de moi prof ra-t-il entre les dents.... Henri- mile Chevalier, n le 13 septembre 1828 Ch tillon-sur-Seine, mort le 26 ao t 1879 Paris, est un homme de lettres fran ais. Ayant port les armes, Chevalier dut s'exiler la suite du coup d' tat du 2 d cembre 1851, et s journa en cette qualit aux tats-Unis, o il a donn des feuilletons dans le Courrier des tats-Unis, Montr al o il a crit dans des journaux d mocratiques et occup le poste de biblioth caire de l'Institut Canadien. Pendant son s jour en Am rique, il a publi un grand nombre de romans dit s Montr al et plusieurs ouvrages sur la G ologie am ricaine. Il a traduit de l'anglais le Foyer canadien, de Knot, publi l'Art de la beaut paru sous le nom de Lola Montez, et donn une nouvelle dition de l'Histoire du Canada, du fr re Gabriel Sagard-Th odat. Il a aussi dirig la Chasse illustr e. Ayant accept l'amnistie en 1860, il crivit des nouvelles dans des journaux, comme le Pays et L'Opinion nationale, et des s ries de romans sur les Am rindiens. Il a pris place au Conseil municipal de Paris et a fini par un enterrement civil.