" On ignorait que, dans le principe, le Phallus avait t absolument isol . On ignorait la cause de sa disproportion avec le corps humain, auquel on l'adjoignit ensuite; on ignorait que son adjonction diff rents corps, tels que troncs d'arbres, bornes, figures humaines, avait donn naissance plusieurs divinit s; aux Herm s, Phallus, Priape, Pan, aux Faunes, aux Satyres. On se doutait de l'affinit de ces diverses divinit s; mais on n'avait pas encore aper u le lien qui les unissait, ni ce qu'ils avaient de commun dans leur origine. On ne savait pas non plus, ou l'on ne savait que vaguement, que le culte du Phallus se f t conserv en Europe jusqu' nos jours. On n'avait jamais compar ce culte avec celui des autres divinit s g n ratrices, ni montr l'identit de leurs motifs; on ne l'avait point compar avec des institutions, des moeurs qui y ont un grand rapport; comparaison qui d montre une uniformit d'intentions chez les anciens, et donne l'explication de plusieurs pratiques qui, pr sent es isol es, restaient inexplicables. Mon ouvrage a pour objet d' clairer ces points ignor s, de dissiper ces doutes, de fixer ces incertitudes..."
" ... L'usage d'honorer l'acte de la g n ration et l'habitude des nudit s, sont deux causes qui ont puissamment influ sur les moeurs des nations. Lorsque ces causes ont agi ensemble dans une m me r gion de la terre, leur influence a t plus marqu e et a produit des institutions civiles et religieuses qui portaient tous les caract res de leur double origine. Lorsque, dans d'autres pays, une de ces deux causes agissait isol ment, son influence, moins puissante, produisait des institutions moins fortement caract ris es. Enfin, chez les peuples o ces deux causes n'ont point du tout exist , il en r sultait des opinions, des habitudes, des institutions particuli res et absolument contraires celles des peuples qui vivaient sous leur influence..."