"L'industrie et les ouvriers du coton aux Etats-Unis" de Louis Reybaud. Economiste, journaliste, homme de lettres et homme politique fran ais (1799-1879).
"...Quand l'Astrolabe et la Z l e se trouv rent en vue de ces terres, une embarcation se d tacha du rivage et se dirigea vers les corvettes; trois Fran ais et plusieurs insulaires la montaient. Ou les admit sur le pont; les Fran ais taient des matelots attach s au service de la mission. Quant aux indig nes, ils n'avaient rien de cette curiosit enfantine, de cette cupidit instinctive, qui caract risent ces tribus; on voyait qu'une discipline religieuse s' tait empar e de leurs esprits et commandait leurs penchants. Ils ne touchaient rien sans en demander la permission, et r pondaient avec intelligence aux questions qu'on leur adressait. Un officier voulut mouler la figure de l'un d'eux, qui se pr ta fort patiemment cette op ration d licate, et se montra enchant des bagatelles qu'on lui donna en retour. Le teint de ces hommes tait fortement cuivr ; leurs traits, sans tre r guliers, n'avaient rien de repoussant; leurs membres, bien conform s, accusaient de la vigueur. Ce groupe de Gambier, le plus important th tre de la propagande catholique dans l'Oc anie, se compose de cinq ou six les peu distantes les unes des autres, et dont la plus consid rable, Mangareva, est couronn e par un pic, le mont Duff, qui s' l ve une hauteur de douze cents pieds au-dessus du niveau de la mer. Le meilleur mouillage est Kamaran, entre Mangareva et Karava , et ce fut l que les deux corvettes jet rent l'ancre, le 4. ao t 1838...''
"...La soci t r elle a donc poursuivi tranquillement sa marche en d pit du socialisme et des nombreuses sectes qu'il a fait clore. Les clameurs ne l'ont pas troubl e, les injures ne l'ont pas atteinte. Au milieu du grand mouvement de passions et d'affaires qui accompagne la vie humaine, c'est peine si cette petite turbulence a t remarqu e. tous les d cha nements dont elle tait l'objet, la soci t n'a r pondu que par l'indiff rence: c'est ainsi qu'elle s'est veng e. On e t mieux aim ses col res que son d dain: elle n'a pas donn cette satisfaction aux hommes qui l'attaquaient par syst me. A quoi bon d'ailleurs se charger d'une justice qui se faisait toute seule ? A peine clos, les syst mes se fractionnaient pour se livrer bataille. Il s'agissait de renouveler la face du globe, et vingt proc d s pour un taient offerts. Jamais autant de recettes du parfait bonheur ne furent imagin s, livr es l'essai. C'est peut- tre l'embarras du choix qui a engag la soci t rester ce qu'elle est, m l e de mauvais et de bon, s'appuyant sur le pass en regardant vers l'avenir. Quant aux coles et aux glises nouvelles, il suffisait de les laisser aux prises entre elles pour les voir s' teindre dans le choc des rivalit s et les d faillances de l'isolement...''
"...Nos communistes fran ais constituent une vari t de cette nombreuse famille. Cependant ils ne rel vent pas de l' cole anglaise, et trouvent dans Baboeuf une filiation beaucoup plus directe. Une circonstance d cisive semble surtout avoir amen ce retour au manifeste des gaux: c'est l' branlement g n ral et souvent remarqu qui suit toutes les r volutions; la plus l gitime veille toujours, en dehors des limites qu'elle s'est assign es, des esp rances et des tentatives hostiles. L'effervescence se perp tue dans les faits, la r volte s' ternise dans les doctrines. De l cette suite de syst mes auxquels notre poque est, en butte. Combien a-t-on vu passer, depuis douze ans, de ces religions nouvelles ou rajeunies, de ces civilisations incomparables qui promettent l'homme le bonheur parfait et la fin de ses mis res Jamais le culte des sens n'avait eu de si nombreux ap tres et des autels plus multipli s. Que d'hymnes on a chant s en l'honneur de la f licit mat rielle que de plans on a imagin s Avec ou sans travestissement public, c' tait toujours la m me tendance. Les communistes s'en sont leur tour inspir s; seulement, des formules compliqu es ils ont substitu la plus simple des formules: l'organisation scientifique des int r ts a fait place la spoliation...''
Levez-vous, monsieur le comte, vous avez de grandes choses foire. C'est avec ces mots que se faisait veiller, dix-sept ans, Saint-Simon, issu, s'il faut l'en croire, de Charlemagne, et incontestablement porteur d'un des plus beaux noms de notre histoire. Nulle vie ne fut, en effet, plus tourment e que celle du chef posthume de la religion nouvelle. Soldat de l'ind pendance am ricaine, il servit sous Washington et passa colonel vingt-trois ans. La guerre, en elle-m me, ne m'int ressait pas, dit-il, mais le seul but de la guerre m'int ressait vivement, et cet int r t m'en faisait supporter les travaux sans r pugnance...... Ma vocation n' tait point d' tre soldat; j' tais port un genre d'activit bien diff rent, et je puis dire contraire. Etudier la marche de l'esprit humain, pour travailler ensuite au perfectionnement de la civilisation, tel fut le but que je me proposai.
"...On embauche et l sur le continent des ouvriers qui viennent troubler nos arrangements domestiques et peser sur notre main-d'oeuvre. C'est quoi il est urgent d'aviser, et, tout r fl chi, il n'y a qu'un moyen efficace, c'est que toute gr ve devienne une gr ve europ enne. Les diverses sections de l'Association internationale s'entendraient pour cela, et une fois d'accord agiraient vigoureusement. Au premier signal, toute branche d'industrie pourrait, sur les les anglaises et en terre ferme, tre simultan ment frapp e de torpeur ou rendue l'activit . La dur e de l'interdit d pendrait du plus ou moins de bonne gr ce qu'y mettraient les entrepreneurs. Pour les parties coalis es, le profit est vident: les ouvriers anglais y gagneraient d' tre d livr s de leur dernier souci, ceux du continent de voir leurs salaires se mettre forc ment de niveau avec les salaires anglais, aujourd'hui tr s sup rieurs. Certes, tout exorbitante qu'elle f t, la proposition tait bien li e; on y sentait le nerf de la main anglaise. Rien de vague ni de flottant, mais un acte d termin , un but atteindre au moyen d'un instrument sp cial et une rude enseigne, la gr ve universelle...''
" Depuis longtemps notre commerce avait sujet de se plaindre du r le auquel le condamnait, dans les archipels de l'Oc anie, la pr pond rance jalouse de l'Angleterre et de l'Am rique du Nord. Suzeraines des mers du Sud, ces deux puissances semblaient avoir adopt , vis- -vis des tiers, un syst me d'exclusion brutale ou d' viction souterraine, et aucun tablissement stable n'avait pu se fonder c t des leurs, ni dans un int r t religieux, ni dans un int r t maritime. Nos armateurs, jouets de proc d s odieux, avaient subi de nombreux m comptes sur les march s polyn siens, et les missionnaires catholiques, attir s par l'espoir d'une moisson spirituelle, s'y taient vus, diverses reprises, en butte des pers cutions ombrageuses et des d portations violentes. Cette situation, si elle e t t impun ment soufferte, aurait fait notre pavillon un tort dont il se serait difficilement relev aux yeux des naturels. Une d monstration imposante devenait d'autant plus n cessaire, que les vang listes luth riens avaient eu soin d'inspirer ces sauvages une id e peu avantageuse des forces et de la grandeur de la France...''
" Les mers du Sud viennent d'acqu rir pour la France une importance nouvelle. Depuis que notre pavillon y a t d ploy , ce n'est pas seulement titre de curiosit et d'int r t romanesque qu'il faut songer ce vaste oc an, parsem d'archipels. L'honneur de nos armes est d sormais engag dans ces lointains parages; il n'y a plus discuter la position qu'on nous y a faite, il ne reste qu' l'affermir. A voir les choses froidement, peut- tre les groupes que notre marine a r cemment occup s d'une mani re imm diate ou m diate n' taient-ils pas ceux qui m ritaient cette pr f rence. La possession d' les d pourvues d'articles d' changes et plac es hors du rayon actuel de l'activit commerciale et maritime est une charge qui ne promet pas, m me pour l'avenir, de bien s rieuses compensations. La Nouvelle-Z lande, sur laquelle des colons fran ais ont commenc une exploitation, offrait de tout autres avantages et de tout autres ressources. L du moins un sol tendu et fertile, des produits riches et vari s, le voisinage de march s importants, auraient permis d'entrevoir le terme des sacrifices d'une occupation et le remboursement des avances que la m tropole y aurait consacr es. Sur les deux archipels qui reconnaissent aujourd'hui notre supr matie, rien de pareil attendre; le territoire est trop born , les distances sont trop consid rables, pour que ces les puissent jamais devenir le si ge de relations fructueuses et suivies...''
" ...Tout ce qui fait l'orgueil des nations civilis es, la dignit naturelle, le respect de la foi jur e, le courage, l'enthousiasme, le d sir de conna tre, le besoin d'activit , l'aptitude tous les r les et toutes les fonctions, l'intelligence des choses nouvelles, se rencontre chez ces tribus un degr qui charme et qui tonne. Limit e un seul de ces groupes, l'anthropophagie y est regard e moins comme une satisfaction physique que comme une excitation morale. Il est honorable pour le vaincu d' tre d vor par le vainqueur. C'est le sort des armes; des deux parts on y compte. Tout prisonnier est avili s'il ne meurt. L'anthropophagie ne r gne, d'ailleurs, qu'entre les tribus bellig rantes, et seulement durant la guerre, ou bien encore de chefs esclaves. Il est croire que la pr sence des Europ ens sur les parages de la Nouvelle-Z lande, et l'influence toujours croissante d'une civilisation plus humaine, feront dispara tre cette horrible coutume de toute la surface de la Polyn sie. Une passion raisonn e capitule plus facilement qu'un app tit brutal...''
" ... En France m me, on parle d'une marine offensive et d'une marine d fensive, en distinguant l'une de l'autre, comme si la chose allait de soi. Il faudrait pourtant s'entendre sur les termes de cette distinction. Que les redoutes terre, les ouvrages fixes, soient consid r s comme de simples moyens de d fense, on peut l'admettre, avec une r serve pourtant: c'est que de tels ouvrages, en donnant la s curit , rendent plus disponibles les ressources flottantes et augmentent les forces que l'on aurait mettre en ligne; mais, pour le mat riel flot, s parer la d fense de l'attaque, c'est se pr ter une quivoque. Un bois flottant, anim de vitesse et pourvu d'artillerie, est un instrument offensif autant que d fensif; le service est le m me: il n'y a de diff rence que dans le degr de puissance. La flotte du canal par exemple, que l'amiraut semble affecter la pr servation des c tes et des arsenaux anglais, ne pourrait-elle pas, un jour donn , bloquer et menacer nos arsenaux et nos c tes ? Peu importe la destination du moment; les destinations changent: ce qui est consid rer, c'est moins l'emploi que la valeur intrins que des choses. Dire que l'on n'arme que pour sa d fense, c'est montrer une bonne intention qui manque de garanties. Aussi ne faut-il prendre ces d clarations que pour ce qu'elles valent et carter r solument tout ce qui ressemble des fictions...''
" Dans un pays libre et avec une race dou e d'une fiert naturelle, comment une aristocratie a-t-elle pu jusqu'ici se maintenir ? Ses services, si clatants qu'ils soient, n'expliquent pas seuls sa dur e; d'autres ont p ri qui avaient le m me droit de vivre. Par quels m rites celle-ci s'est-elle pr serv e ? On en a cit deux: le respect et la d fense des institutions, une grande habilet de conduite. Il est constant que l'aristocratie anglaise n'a manqu ni l'un ni l'autre de ces devoirs; elle n'a ni empi t ni r sist mal propos. Elle a su toujours abandonner temps les positions qu'elle ne pouvait d fendre, et a mis dans ce mouvement de retraite une certaine dignit et beaucoup de bonne gr ce. Apr s avoir lutt contre les r formes, elle y a c d en les prenant en main et en les temp rant. Cependant avec un autre peuple ces concessions judicieuses n'eussent pas suffi; il a fallu que des deux parts on se t nt en garde contre les entra nements et qu' la mod ration dans la d fense r pond t la mod ration dans l'attaque. Ailleurs on ne s'arr te pas ainsi; dans l'enivrement de la victoire, on ne laisse rien debout, sauf se ch tier de cet exc s en tombant dans l'exc s contraire. Comment le peuple anglais s'est-il refus ces tristes ex cutions? Les instruments ne lui manquaient pas; il a les libert s de la presse et de la plate-forme, il a le droit de r union et au besoin l'agitation des rues. Que de tentations pour tout soumettre au m me niveau, briser les compartiments artificiels, abaisser ce qui s' l ve, proscrire ce qui se distingue Ce spectacle va si bien aux passions de la foule; pourquoi ce peuple ne se l'est-il pas donn ?...''
... L'Abyssinie septentrionale n'est plus, d'ailleurs, couverte d'un voile imp n trable. Depuis un si cle elle a t travers e peu pr s dans tous les sens: des missionnaires luth riens s'y sont fix s, des Europ ens l'habitent. Les premiers voyages connus remontent aux Portugais et Pierre de Covilham, qui demeura Gondar et ne revit plus sa patrie. Le p re Alvarez s journa son tour pr s de six ann es dans les tats abyssins, et de retour en Europe, vers 1540, y publia une relation dans laquelle il ne faut puiser qu'avec d fiance. Pendant le cours de ce si cle, l'Abyssinie fut livr e, pour ainsi dire, des auxiliaires portugais dont ses rois avaient accept les services contre les musulmans. A la suite des soldats avaient march des missionnaires de l'ordre des j suites, qui s' taient empar s du pouvoir religieux pendant que les g n raux imposaient une dictature militaire. C'est cette poque qu'il faut rattacher plusieurs difices d'un style videmment europ en qui se rencontrent dans les principales villes du Tigr et du Samen. D'autres monuments appartiennent une civilisation ant rieure, qui, suivant les uns, co ncidait avec celle de l' gypte, et suivant d'autres remontait l' tablissement des Juifs en Abyssinie vers l'an 600 avant notre re. Il est inutile d'ajouter que ce sont l de simples hypoth ses, quoiqu'elles aient donn lieu des recherches curieuses et d'ing nieuses analogies...
... Si, au nombre des vertus du g ographe, M. Balbi a omis de citer la r serve et la modestie, c'est qu'il a d les consid rer comme nuisibles ou inutiles: aussi n'en use-t-il pour sa part qu'avec la plus grande sobri t . Personne n'est plus rempli que lui de l'importance, de la grandeur, de la perfection de son oeuvre. La veille de sa venue, il n'y avait que chaos dans la g ographie; mais il a voulu que la lumi re se fit et la lumi re s'est faite. Il faut voir quels airs de souveraine compassion il affecte vis- -vis des petits esprits qui, avant lui, ont os toucher cette science Comme il les traite de haut, ces pr tendus g ographes, ces g ographes routiniers, ces certains g ographes et cartographes, ce commun des g ographes, compl tement trangers aux progr s de la civilisation Il ne leur pardonne rien, en ma tre s v re, pas m me d'avoir ignor ce qui ne s'est d couvert qu'apr s eux. Et si sur sa route il en rencontre quelqu'un charg d'un bagage dont il suspecte l'origine, voyez-le s'attendrir, s'indigner, r clamer son bien et son tr sor: on le d pouille de son difice g ographique; on lui d robe une portion de sa Bible de G ographie, on lui ravit le fruit de ses longues veilles, on le frustre de l'honneur qui lui est d ...
... Nous voici arriv s de proche en proche sur le front principal du palais, celui qui regarde la Seine. Quel est le style du monument ? Et d'abord est-ce un monument, et ce monument a-t-il un style ? On peut se poser ces questions. Il y a vingt ans de cela, il nous est ne une cole d'architecture aux d buts de laquelle beaucoup d'entre nous ont assist . C'est l'architecture qui emploie le m tal et le bois l'exclusion de la pierre; sa marche n'a t qu'une suite d'empi tements. Apr s s' tre content e longtemps de quelques ponts et de quelques fa tages, elle a fini par s'introduire partout o l' conomie dans le premier co t importe plus que les conditions de dur e. OEuvre ph m re par destination, le palais du Champ de Mars devait lui choir; il ne comportait pas de mat riaux trop consistants, et ne relevait gu re que d'un art d'appropriation. Pourvu que la circulation y f t facile, l'espace bien distribu , que la lumi re et l'air y p n trassent avec abondance, l'objet tait rempli. Le style serait celui qui concilierait le mieux ces conditions; quant l'ornement, le moindre suffirait, - quelques motifs en fonte moul e et l' quivalent de ces disgracieux diad mes qui couronnent beaucoup de nos constructions. Nulle part on n' tait mieux fond appliquer le principe qui r sume la science du beau appliqu e l'industrie: la plus grande utilit possible au prix de la moindre d pense...
Aucun sujet n'a t plus souvent trait , et par des esprits plus minents, que celui dont j'ai m'occuper. Il y a sept ans environ, une commission de trente membres, choisis dans le sein de l'assembl e l gislative et qui tiraient ou de leurs noms ou de leurs tudes sp ciales une incontestable autorit , fut charg e d'examiner tout ce qui, de pr s ou de loin, se rattache au probl me de l'assistance publique, et d'en d gager les propositions de nature tre converties en loi ou en r glement administratif. Ce n' tait pas une t che facile au milieu du trouble qui r gnait encore dans les esprits et des illusions cr es et entretenues par l'influence persistante des sectes. Il s'agissait de reprendre l'oeuvre par les fondements, de r tablir les grands principes hors desquels il n'y a pour les soci t s ni progr s, ni vie possible, de montrer o aboutissent les syst mes qui, d pla ant la responsabilit , mettent , la charge de l' tat ce qui doit rester la charge de l'individu. Voil ce que fit cette commission, qui eut l'honneur et la bonne fortune d'avoir M. Thiers pour rapporteur. On se souvient du document qui en mana; il est de ceux qu'en mati re d'assistance on ne peut omettre...
... Avant ces derniers temps, le martelage du fer s'op rait l'aide de martinets de forge dont on avait successivement lev la puissance. Suffisants pour des pi ces d'un volume d termin , ces martinets ne l' taient plus d s le moment que ce volume atteignait des proportions presque sans limites. C'est ce qui avait lieu notamment dans les arbres de couche destin s l'h lice des vaisseaux vapeur et pour le rev tement des batteries flottantes. On a pu se faire une id e des dimensions de ces pi ces de m tal dans l'exposition de MM. Jackson fr res, Petin et Gaudet de Saint-Etienne, o figuraient l'arbre de couche de l'Eylau, vaisseau de ligne en construction, arbre six coudes, du poids de 23,000 kilog., et une armure de batterie flottante de 11 centim tres d' paisseur. Evidemment, pour de tels travaux, la puissance ordinaire n'e t pas suffi, et les martinets ne seraient arriv s qu' des r sultats lents et imparfaits. L'invention du marteau-pilon a r pondu ce besoin; il est d sormais l' me de nos ateliers et y laissera une date...
... Pour tomber d'accord sur les faits, il est bon de s'entendre d'abord sur les mots. Que veut-on dire par enseignement professionnel ? Dans leur g n ralit , ces mots pr tent l' quivoque; la signification en reste vague, pr cis ment parce qu'ils signifient trop. L' lasticit d g n re ici en impropri t . Si l'on d signe ainsi la pr paration toutes les carri res, cet enseignement existe dans de larges proportions, et dans bien des cas il n'est plus cr er. On n'en tait pas venu jusqu' ce jour sans comprendre qu'au-del de l'instruction fondamentale, qui est le lien et le titre des communaut s lettr es, un partage doit s'op rer dans les tudes, et que dans un libre choix chacun ob it alors ses go ts, ses dispositions, ses int r ts. Les uns vont vers le barreau, d'autres vers l'arm e; ceux-ci seront magistrats, m decins, ing nieurs, ceux-l savants, professeurs ou artistes. Quelque destination qu'ils prennent, des tablissements leur sont ouverts pour des tudes sp cifi es et la collation des grades. Sous des noms divers, - facult s, coles normales, coles militaires, coles d'application, grands s minaires, - ces tablissements se confondent dans le m me objet, qui est de former des hommes l'exercice des fonctions par lesquelles une soci t pense, agit, s'administre et se gouverne. C'est l incontestablement de l'enseignement professionnel, d'autant plus lev qu'il touche la vie morale. Est-ce de celui-l qu'il s'agit ? Non, il est fortement constitu . Serait-ce en faveur de l'agriculture que l'on revendique le nom avec la pens e d'en tirer toutes les cons quences ? Les illusions, ce qu'il semble, ne vont pas jusque-l ...