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Vie de Périclès

Vie de Périclès

Plutarque

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2016
nidottu
" ... P ricl s avait, pour le peuple, une extr me r pugnance dans sa jeunesse. On lui trouvait une certaine ressemblance de visage avec le tyran Pisistrate: les plus anciens de la cit remarquaient en lui la m me douceur de voix, la m me facilit de parole et d' locution; et ils s'en effrayaient. Riche, issu d'une grande maison, et li avec des personnages puissants dans l' tat, P ricl s craignait de se voir bannir par l'ostracisme: il ne se m lait donc point de politique; mais, dans les guerres, il recherchait les p rils, et il n' pargnait point sa personne. Aristide tait mort, Th mistocle exil , Cimon presque toujours occup des exp ditions lointaines, quand P ricl s commen a toucher aux affaires. Il se d voua au parti du peuple, pr f rant, l'aristocratie faible en nombre, la multitude pauvre, mais nombreuse. Ce n'est pas qu'il f t naturellement populaire, tant s'en faut; mais sans doute il voulait viter le soup on d'aspirer au pouvoir supr me; et puis il voyait que Cimon, tout d vou l'aristocratie, tait l'idole des classes lev es et de tous les hommes bien n s: il se jeta donc dans les bras du peuple, pour y trouver sa propre s ret , et pour s'en faire un appui et un instrument contre Cimon. D s ce moment, il embrassa une mani re de vivre toute nouvelle. On ne le voyait plus passer dans les rues de la ville, que pour se rendre aux assembl es du peuple ou au s nat..."
Vie de Camille

Vie de Camille

Plutarque

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2016
nidottu
" Quant Furius Camillus, entre toutes les grandes choses qu'on rapporte de lui, ce qu'il y a de vraiment singulier et d' trange, c'est qu'un homme qui avait tant de fois command les arm es et remport des victoires clatantes, qui exer a cinq fois la dictature, qui obtint quatre triomphes, et qui re ut le titre de second fondateur de Rome, n'ait pas t une seule fois consul. Il en faut chercher la cause dans les circonstances politiques. C' tait alors le temps des discussions du s nat et du peuple. Le peuple s'opposait l' lection des consuls: et il nommait, pour gouverner leur place, des tribuns qui exer aient, dans toute leur pl nitude, la puissance et l'autorit consulaires, mais dont le pouvoir tait moins odieux, cause de leur nombre. C' tait une consolation, pour ceux qui n'aimaient pas l'oligarchie, que de voir, la t te des affaires, six personnes au lieu de deux. Camille, qui tait alors dans toute la fleur de sa gloire, et qui se signalait par ses exploits, ne voulut point devenir consul contre le gr du peuple, bien qu'on e t tenu plusieurs fois, Rome, dans l'intervalle, les comices consulaires. Quant aux autres magistratures, il en obtint une foule, et dans tous les genres: et il s'y comporta de telle fa on, que l'autorit , m me lorsqu'il commandait seul, lui f t commune avec d'autres, tandis que la gloire lui restait en propre, alors m me qu'il avait des coll gues. C' tait, d'une part, l'effet de sa mod ration: il voulait exercer le pouvoir sans exciter l'envie: et de l'autre, c' tait le fruit de sa prudence, qualit qui lui donnait une incontestable sup riorit ..."
Vie de Alcibiade

Vie de Alcibiade

Plutarque

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2016
nidottu
" ... D j une foule de citoyens distingu s s'empressaient autour d'Alcibiade, et recherchaient son amiti ; mais on s'apercevait facilement que le motif de ces assiduit s, c' tait leur admiration pour les charmes de sa personne. Au contraire, l'amour que lui portait Socrate ne fut qu'un hommage rendu la vertu du jeune homme, et son heureux naturel. Socrate en voyait briller les traits travers la beaut de son corps; et, redoutant les p rils que lui faisaient courir ses richesses, sa naissance, et cette foule de citoyens, d' trangers et d'alli s, qui cherchaient se l'attacher par leurs flatteries et leurs complaisances, il se crut appel le sauver de sa perte, et emp cher, par ses soins, que cette plante ne se perdit dans sa fleur et ne g t t le fruit qu'elle faisait esp rer. En effet, jamais homme ne re ut, de la Fortune, aussi compl te enveloppe ext rieure, aussi fort rempart de biens, comme on les appelle, pour devenir imp n trable aux coups de la philosophie et inaccessible aux aiguillons piquants des libres remontrances..."
Vie de Caïus Marcius Coriolan

Vie de Caïus Marcius Coriolan

Plutarque

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2016
nidottu
" ... Quand les acclamations de la foule et le bruit eurent cess , Cominius, s'adressant aux soldats: Compagnons, dit-il, vous ne pouvez forcer Marcius recevoir des pr sents qu'il ne veut pas accepter. Mais donnons-lui une r compense qu'il ne puisse refuser; et d cernons-lui le nom de Coriolan, si toutefois l'exploit m me ne le lui a point d j donn avant nous. Depuis ce jour, Coriolan fut le troisi me nom de Marcius. Ce fait met en lumi re l'usage des Romains. Ils avaient d'abord un nom propre, ainsi Ca us; le deuxi me nom, Marcius par exemple, tait le nom de la maison ou de la famille; le troisi me s'ajoutait plus tard aux deux autres: on le tirait ou d'une action particuli re, ou d'un v nement, ou du caract re, ou de la figure, ou de quelque vertu..."
Vie de Timoléon

Vie de Timoléon

Plutarque

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2016
nidottu
"... Timol on tait fils de Timod me et de D mariste, personnes de noble famille dans Corinthe. Amant passionn de sa patrie, il tait d'une douceur singuli re, sauf une haine violente contre la tyrannie et contre les m chants; il tait si heureusement n pour la guerre, et ses facult s se compensaient si bien, qu'il s'y distingua, dans sa jeunesse, par une prudence consomm e, et que, dans sa vieillesse, il n'avait rien perdu de sa vigueur d'ex cution. Il avait un fr re a n , Timophane, qui ne lui ressemblait en rien: c' tait un cervel , et qu'avait corrompu une folle ambition de se faire ma tre unique, que lui inspiraient des amis pervers, et les soldats trangers dont il tait sans cesse environn . Il avait montr dans les batailles une certaine audace, une intr pidit aventureuse: aussi donna-t-il ses concitoyens une grande opinion de son courage et de son activit , et obtint-il plus d'une fois des commandements militaires. Il tait second par Timol on, qui couvrait ses fautes ou du moins en att nuait aux yeux la gravit , et qui relevait, qui faisait valoir les bonnes qualit s qu'il avait re ues de la nature..."
Vie de Paul Émile

Vie de Paul Émile

Plutarque

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2016
nidottu
" ... Paul mile, nomm consul, alla faire la guerre aux Liguriens, situ s au pied des Alpes, et que certains auteurs nomment Ligustins: c' tait une nation fi re et belliqueuse, exerc e par les longues guerres que lui avait attir es le voisinage des Romains. Ils occupent, en effet, cette extr mit de l'Italie que bornent les Alpes, et cette partie des Alpes m mes que baigne la mer Tyrrh nienne, en face de la c te d'Afrique. Ils sont m l s avec les Gaulois et avec les Ib res maritimes. En ce temps-l , ils cumaient cette mer, mont s sur des vaisseaux corsaires, pillaient et ruinaient les marchands, et poussaient leurs courses jusqu'aux colonnes d'Hercule. Quand Paul mile entra dans leur pays, ils taient quarante mille hommes en armes: lui, qui n'avait en tout que huit mille hommes, attaque un ennemi cinq fois plus nombreux, le met en fuite, et le renferme dans ses murailles. Il offrit aux Liguriens des conditions pleines de douceur et d'humanit ; car les Romains ne voulaient pas compl tement d truire une nation qui tait comme une barri re et un boulevard contre les mouvements des Gaulois, qui ne cessaient de menacer l'Italie. Les Liguriens, se confiant Paul mile, lui remirent discr tion leurs vaisseaux et leurs villes. Il leur rendit les villes, sans y avoir fait autre mal sinon qu'il en d molit les murailles; mais il leur enleva tous les vaisseaux, et ne leur laissa pas une barque qui e t plus de trois bancs de rames. Il mit en libert un grand nombre de prisonniers, qu'ils avaient faits sur terre et sur mer, tant Romains qu' trangers..."
Vie de Pélopidas

Vie de Pélopidas

Plutarque

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2016
nidottu
"... P lopidas, fils d'Hippoclus, tait d'une famille noble de Th bes, comme paminondas. lev dans une grande opulence, h ritier d s sa jeunesse d'une fortune brillante, il se livra au soulagement de ceux qui taient dans le besoin, et qui m ritaient ses bienfaits: il voulait montrer qu'il tait le ma tre et non l'esclave de ses richesses. Parmi les hommes, dit Aristote, les uns ne font point usage de leurs tr sors par avarice, les autres en abusent en menant une conduite d sordonn e; et ils sont toute leur vie esclaves, les uns de leurs plaisirs, les autres des affaires. Les amis de P lopidas us rent avec reconnaissance de sa bont et de sa lib ralit , l'exception du seul paminondas, qu'il ne put d cider accepter une part de sa richesse. Lui-m me, cependant, il s'associa la pauvret d' paminondas, par la simplicit de ses v tements, la frugalit de sa table, son activit dans le travail, son scrupule ne chercher les succ s qu' visage d couvert. Il ressemblait au Capan e d'Euripide, qui tait fort riche, mais auquel sa richesse n'inspirait point de fiert . Il e t rougi de donner au soin de son corps plus que ne faisait le plus pauvre des Th bains. paminondas, familiaris avec la pauvret , qui tait pour lui h r ditaire, se la rendit encore plus facile et plus l g re par la philosophie, et parce que, d s sa jeunesse, il r solut de vivre dans le c libat. P lopidas, au contraire, avait fait un brillant mariage; il avait des enfants; mais il n'en devint ni moins insouciant d'augmenter sa fortune, ni moins d vou tous les instants au service de sa patrie. Il avait perdu de son opulence, et ses amis l'en bl maient, disant qu'il avait tort de ne point s'occuper d'une chose n cessaire, la possession de ses biens: N cessaire, oui certes mais pour Nicod me que voici, r pondit-il en leur montrant un homme aveugle et boiteux..."
Vie de Marcellus

Vie de Marcellus

Plutarque

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2016
nidottu
" ... Il n'y a aucun genre de combat auquel Marcellus ne f t apte, et o il ne se f t exerc ; toutefois, c'est dans le combat singulier qu'il se montrait sup rieur lui-m me: jamais il ne refusa un d fi, et il tua tous ceux qui os rent le provoquer. En Sicile, il sauva Otacilius, son fr re, en danger de perdre la vie, en le couvrant de son bouclier et en tuant ceux qui se jetaient sur lui. Aussi, d s sa jeunesse il avait re u de ses g n raux des couronnes et autres r compenses militaires. Sa r putation s' tant accrue encore, le peuple l' lut dile curule, et les pr tres, augure. L'augurat est un sacerdoce auquel la loi confie particuli rement le soin d'observer les signes des oiseaux, et d'en tirer des pronostics pour les choses venir. Pendant son dilit , il se vit dans la n cessit d'intenter une accusation qui lui r pugnait. Il avait un fils du m me nom que lui, jeune, beau, non moins estim de ses concitoyens pour l'excellence de son ducation que pour sa bonne conduite. Capitolinus, coll gue de Marcellus, homme d bauch et violent dans ses passions, s' prit d'amour pour lui, et lui fit des propositions: l'enfant les repoussa d'abord seul, et garda le silence. Elles furent renouvel es, et alors il en fit part son p re. Marcellus, indign , accusa le s ducteur devant le s nat. Capitolinus imagina mille moyens d' luder la question, mille subterfuges; il en appela aux tribuns, et, ceux-ci rejetant son appel, il voulut se soustraire au jugement en niant le fait; car il n'y avait pas de t moin des propositions qu'on l'accusait d'avoir faites. Le s nat crut donc devoir faire compara tre l'enfant. Il vint, et la vue de sa rougeur, de ses larmes, et de sa pudeur m l e d'une indignation qui ne se d mentait point, tous d clar rent qu'ils n'avaient pas besoin d'autres preuves: on alla aux voix, et Capitolinus fut condamn une amende. Marcellus en employa la valeur la confection de vases d'argent pour les libations, qu'il consacra aux dieux..."
Vie d'Aristide

Vie d'Aristide

Plutarque

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2016
nidottu
" Aristide, fils de Lysimachus, tait de la tribu Antiochide, et du d me Alop ce. Quant ses biens, on en a fort diversement parl suivant les uns, il v cut toujours dans une troite pauvret , et apr s sa mort il laissa deux filles qui furent longtemps sans trouver se marier, cause de leur indigence. Mais D m trius de Phal re, dans son Socrate, attaqua cette tradition si universellement adopt e: il all gue qu'il connaissait, Phal re, une campagne appel e la terre d'Aristide, o Aristide avait t enseveli; il num re plusieurs preuves de la richesse de sa maison: premi rement, la charge d'archonte ponyme, qui lui chut par le sort des f ves, dignit r serv e aux familles les plus opulentes, et qui composaient la classe des citoyens appel s pentacosiom dimnes; en second lieu, l'ostracisme, sentence qu'on ne portait jamais contre les pauvres, mais seulement contre les hommes de grande maison, et que leur illustration h r ditaire exposait l'envie; en troisi me et dernier lieu, les tr pieds des jeux publics consacr s par Aristide dans le temple de Bacchus, comme monument de victoire. On montrait encore de mon temps ces tr pieds, sur lesquels se lisait cette inscription: La tribu Antiochide remportait la victoire; Aristide tait chor ge; Archestratus conduisait la repr sentation. ..."
Vie de Marcus Caton

Vie de Marcus Caton

Plutarque

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2016
nidottu
" Marcus Caton tait originaire de Tusculum. On dit qu'avant de servir dans les arm es et de s'occuper de l'administration des affaires, il vivait sur des terres du pays des Sabins, qu'il avait h rit es de son p re. Ses anc tres passaient Rome pour gens parfaitement obscurs; mais Caton loue lui-m me son p re Marcus, comme un homme de coeur et un bon militaire; il rapporte que Caton, son a eul, avait obtenu plusieurs fois des prix de bravoure, et, qu'ayant perdu dans des combats cinq chevaux de bataille, on lui en paya la valeur aux frais du public, en r compense de son courage. C' tait la coutume des Romains d'appeler hommes nouveaux ceux qui ne tiraient pas leur illustration de leur race, et qui commen aient par eux-m mes se faire conna tre. Ils donn rent donc Caton le nom d'homme nouveau; pour lui, il disait que, s'il tait nouveau l' gard des honneurs et de la r putation, il tait tr s-ancien par les exploits et les vertus de ses anc tres. Son troisi me nom, dans les premiers temps, n' tait pas Caton, mais Priscus; ce n'est que post rieurement que son esprit d li lui valut le surnom de Caton; car les Romains appellent Caton l'homme qui s'entend aux affaires..."
Vie de Philopoemen

Vie de Philopoemen

Plutarque

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2016
nidottu
"... Philopoemen ne montra nulle faiblesse, nulle condescendance: il se mit parcourir les villes, prenant les jeunes gens un un, veillant en eux l'amour de l'honneur, usant de rigueur quand il le fallait; et souvent il leur faisait faire des exercices, des parades, des petites guerres dans les endroits o il devait se trouver le plus de spectateurs. En peu de temps ils eurent acquis une vigueur et une ardeur tonnantes. Il les rendit si agiles, si prompts ex cuter les manoeuvres, il les accoutuma si bien faire conversion droite ou gauche par escadrons, demi-tour ou volte-face homme par homme, qu' voir la facilit avec laquelle la troupe enti re ex cutait les volutions, on e t dit un seul corps op rant un mouvement spontan ..."
Vie de Titus Quintius Flamininus

Vie de Titus Quintius Flamininus

Plutarque

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2016
nidottu
"... Ceux qui voudront conna tre sa figure n'ont qu' jeter les yeux sur sa statue de bronze qui est Rome, plac e pr s du grand Apollon de Carthage, vis- -vis du cirque, et qui porte une inscription grecque. Quant au caract re, on dit qu'il tait galement prompt et s'irriter et rendre service; avec cette diff rence qu'il ne ch tiait que l g rement, et sans s'opini trer dans sa col re, au lieu qu'il ne se contentait jamais de faire plaisir demi: il conservait pour tous ceux qu'il avait oblig s autant d'affection et de z le que s'ils eussent t ses bienfaiteurs; sa plus grande richesse tait, disait-il, de cultiver, de s'attacher par ses pr venances, ceux qui il avait rendu service. Plein d'une extr me ambition et d'un ardent d sir de gloire, il voulait tre l'unique artisan de ses actions les plus grandes et les plus belles, et pr f rait ceux qui avaient besoin de son secours ceux qui pouvaient lui venir en aide: il voyait dans ceux-l une mati re pour exercer sa vertu, et dans les autres des rivaux qui lui disputaient la gloire..."
Vie de Pyrrhus

Vie de Pyrrhus

Plutarque

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2016
nidottu
" ... Pyrrhus avait bien dans les traits un air de majest , mais plus propre inspirer la crainte que le respect. Sa m choire sup rieure n' tait pas form e de dents s par es: c' tait un seul os continu, marqu seulement de l g res entailles aux endroits o les dents auraient d tre s par es. On croyait qu'il gu rissait les maladies de la rate; pour cela il immolait un coq blanc, faisait coucher les malades sur le dos, puis il leur posait doucement son pied droit sur le flanc. Il n' tait homme si pauvre ni de si basse condition qui n'obt nt de lui ce rem de, aussit t qu'il le demandait. Il recevait pour salaire le coq qu'il avait immol ; et ce pr sent lui tait particuli rement agr able. On dit que son gros orteil du pied droit avait une vertu divine; ce point qu'apr s sa mort, lorsque son corps eut t br l tout entier sur le bucher, on retrouva cet orteil intact, et sans aucune trace des atteintes du feu. Nous reparlerons de ceci plus tard..."
Vie de Marius

Vie de Marius

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2016
nidottu
" ...Il naquit de parents fort obscurs, pauvres, et vivant du travail de leurs mains. Son p re se nommait, comme lui, Marius, et sa m re Fulcinia. Ce n'est que tard qu'il vit Rome, et qu'il go ta des moeurs de la ville; jusqu'alors il avait v cu Cirrh aton village du territoire d'Arpinum, d'une vie fort dure en comparaison de la douceur et de la politesse de celle qu'on menait Rome, mais sage, et conforme l' ducation des Romains d'autrefois. Il fit ses premi res armes dans une exp dition contre les Celtib riens, lorsque Scipion l'Africain assi gea Numance. Le g n ral le remarqua entre les autres jeunes gens pour son courage m le, et pour sa facilit accepter la nouvelle discipline que Scipion introduisit dans une arm e corrompue par la mollesse et le luxe. On dit aussi que le g n ral l'avait vu attaquer en sa pr sence un ennemi corps corps et le renverser terre. Il t chait donc de se l'attacher par des r compenses honorifiques. En outre, un jour apr s souper, comme on parlait de g n raux, un des convives, soit qu'il dout t r ellement, soit pour faire plaisir Scipion, lui demanda quel g n ral et quel chef le peuple romain aurait apr s lui pour le remplacer. Scipion frappant doucement sur l' paule de Marius, qui tait assis au-dessous de lui: Peut- tre bien celui-ci, r pondit-il; tant ils taient heureusement n s tous deux, l'un pour annoncer sa grandeur future d s sa jeunesse, l'autre pour comprendre par le d but quelle serait la fin ..."
Vie de Lysandre

Vie de Lysandre

Plutarque

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2016
nidottu
"... Lysandre, ayant appris que Cyrus, le fils du roi, tait arriv Sardes, alla le trouver, pour lui parler des affaires de la Gr ce et se plaindre de Tisapherne. Tisapherne, qui avait ordre de secourir les Lac d moniens et de chasser les Ath niens de la mer, semblait ne s'y porter que froidement, par amiti pour Alcibiade; il ne fournissait que fort maigrement la flotte les provisions n cessaires, et la faisait ainsi p rir insensiblement. Cyrus, de son c t , souhaitait qu'il y e t des plaintes contre Tisapherne, et qu'on le d cri t de r putation, parce que c' tait un m chant homme, et d'ailleurs son ennemi particulier. Lysandre captiva le jeune homme, parla d'abord, et aussi par les charmes de sa conversation, surtout par son adresse lui faire la cour; aussi le fortifia-t-il ais ment dans ses desseins de guerre. Comme il se disposait partir, Cyrus lui donna un grand festin, et le pria de ne pas rejeter les t moignages de sa bienveillance et de lui demander tout ce qu'il voudrait, en l'assurant qu'il ne serait pas refus . Cyrus, dit Lysandre, puisque telles sont pour moi tes favorables dispositions, je te demande et te supplie d'ajouter une obole la paie des matelots, afin qu'au lieu de trois oboles par jour ils en re oivent quatre. Cyrus, charm de son d sint ressement, lui donna dix mille dariques..."
Vie de Sylla

Vie de Sylla

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2016
nidottu
" Lucius Corn lius Sylla tait de famille patricienne, comme qui dirait de race noble. On dit que Rufinus, un de ses anc tres, parvint au consulat; mais qu'il fut moins connu par cette l vation que par la fl trissure qui lui fut inflig e: il fut convaincu de poss der plus de dix livres pesant de vaisselle d'argent, ce qui tait une contravention la loi; et, pour ce fait, il fut chass du S nat. Ses descendants v curent depuis dans l'obscurit , et Sylla lui-m me fut lev dans un tat de fortune fort m diocre. Pendant sa jeunesse, il logeait bail chez d'autres pour un faible loyer, comme on le lui reprocha dans la suite, lorsqu'il fut parvenu une opulence pour laquelle on ne le trouvait pas n . Un jour, apr s la guerre d'Afrique, il se vantait lui-m me et glorifiait ses exploits: Comment serais-tu homme de bien, lui dit un des plus distingu s citoyens et des plus honn tes, toi qui, n'ayant rien h rit de ton p re, poss des une si consid rable fortune ? En effet, quoique les Romains eussent d j d g n r de la droiture et de la puret de moeurs de leurs anc tres, et qu'ils eussent ouvert leur coeur l'amour du luxe et de la somptuosit , c' tait n anmoins un gal opprobre, en ce temps-l , et de dissiper sa fortune et de ne pas conserver la pauvret de ses p res..."
Vie de Cimon

Vie de Cimon

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2016
nidottu
"...Cimon tait fils de Miltiade et d'H g sipyle, Thracienne de nation et fille du roi Olorus: c'est ce qu'on lit dans les po mes d'Arch la s et de M lanthius en l'honneur de Cimon. C'est l ce qui explique comment Thucydide l'historien, parent de Cimon, tait fils d'un Olorus, ainsi nomm en m moire du roi son a eul, et poss dait des mines d'or dans la Thrace. On pr tend m me qu'il mourut en ce pays, ayant t tu dans un canton appel Scapt -Hyl . On rapporta ses cendres dans l'Attique, et l'on montre encore son monument parmi les s pultures de la famille de Cimon, pr s du tombeau d'Elpinice, soeur de ce dernier. Mais Thucydide tait du d me d'Alimuse, et Miltiade du d me de Lacia. Miltiade, condamn une amende de cinquante talents, fut mis en prison; et, n'ayant pu la payer, il mourut, laissant son fils Cimon dans la premi re jeunesse, et sa fille toute jeune aussi, et qui n' tait point encore mari e. Cimon commen a par se faire une fort mauvaise r putation dans la ville: on ne le connaissait que comme un d bauch et un grand buveur, dont le caract re rappelait celui de Cimon son a eul, que sa stupidit avait fait surnommer Coal mos..."
Vie de Lucullus

Vie de Lucullus

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2016
nidottu
" L'a eul de Lucullus tait personnage consulaire; et M tellus, surnomm Numidicus, fut son oncle maternel. Quant ses parents, son p re fut convaincu de p culat, et C cilia, sa m re, eut une mauvaise r putation, comme ayant men une vie d r gl e. Lucullus, dans sa premi re jeunesse, avant d'avoir exerc aucune charge et mis la main aux affaires publiques, signala son d but dans le monde par une action d' clat: il poursuivit en justice, pour cause de concussion, l'augure Servilius, l'accusateur de son p re: d marche qui lui fit le plus grand honneur aux yeux des Romains; on ne parlait de cette accusation que pour lui en faire un titre de gloire. Et en effet, on tenait pour honorables les accusations qui n'avaient m me pas de motif personnel; et l'on aimait voir les jeunes gens s'acharner la poursuite des coupables, comme les chiens apr s des b tes sauvages. Cette affaire fut suivie de part et d'autre avec tant d'animosit , qu'il y eut des gens bless s et tu s dans les d bats: du reste, Servilius fut absous. Lucullus tait homme d' tude, et parlait avec facilit l'une et l'autre langue. Aussi est-ce lui que Sylla d dia les M moires de sa vie, comme celui qui tait le plus capable d'en r diger les faits et de leur donner la forme d'histoire..."
Vie de Nicias

Vie de Nicias

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2016
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...Ou peut dire d'abord de Nicias ce qu'en a crit Aristote: qu'il y avait Ath nes trois hommes, les meilleurs citoyens, qui avaient pour le peuple une bienveillance, une affection paternelle, Nicias fils de Nic ratus, Thucydide fils de Mil sias, et Th ram ne fils d'Agnon. Ce dernier toutefois avait ces qualit s moins que les deux autres: on lui faisait un crime de sa naissance, comme tranger, natif de C os; et son manque de fixit dans la politique, qui se faisait flotter sans cesse entre les partis, l'avait fait surnommer Cothurne. Thucydide tait le plus g des trois; et plusieurs fois il se mit la t te du parti des nobles et des gens de bien, et combattit P ricl s, qui disposait du peuple. Nicias tait plus jeune; cependant il jouissait de quelque consid ration d s le temps de P ricl s: il fut son coll gue dans le commandement des arm es, il commanda m me seul plus d'une fois. Apr s la mort de P ricl s, il se trouva aussit t port au premier rang, surtout par les personnages les plus riches et les plus distingu s, qui voulaient se faire de lui un rempart contre le cynisme et l'audace de Cl on. Malgr cela, il tait dans les bonnes gr ces du peuple, qui appuya son l vation. Cl on tait fort puissant, il est vrai, parce qu'il traitait le peuple comme on fait un vieillard, et le payait pour qu'il se laiss t conduire. Mais, en voyant son insatiabilit , son effronterie, son impudence, la plupart de ceux m me qu'il voulait s duire par cette conduite s'attachaient Nicias. La gravit de celui-ci n'avait rien d'aust re, ni de trop roide ou d'odieux, mais elle tait temp r e par une certaine circonspection; et par cela m me qu'il semblait craindre le peuple, le peuple se laissait conduire par lui...
Vie de Marcus Crassus

Vie de Marcus Crassus

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2016
nidottu
...Suivant les auteurs romains, le seul d faut qui faisait ombre sur les nombreuses vertus de Crassus, c' tait son avarice. Mais on peut dire que ce d faut, qui tait lui seul plus fort que tous ceux qu'il avait en lui, avait clips tous les autres. Les plus grandes preuves que l'on donne de son avarice, ce sont les moyens qu'il employait pour acqu rir, et l'immensit de sa fortune. Il ne poss dait d'abord pas plus de trois cents talents1; et, dans la suite, pendant son administration politique, il consacra Hercule la dixi me partie de ses biens, donna un banquet au peuple, et distribua ses frais chaque citoyen du bl pour trois mois; et, malgr ces prodigalit s, lorsqu'avant de partir pour son exp dition contre les Parthes il dressa un tat de sa fortune, il trouva que le total de ses fonds montait encore sept mille cent talents. Et la plus grande partie de ses biens, s'il faut dire une v rit d shonorante pour lui, il l'amassa par le feu et la guerre; les calamit s publiques lui furent une large source de revenus...