" Quatre poules, un agneau, trois lapins, c' tait toute la fortune de Madeleine, enfant de treize ans, seul appui d'une pauvre veuve qui avait encore deux petits gar ons en bas ge. Le p re de famille tait mort depuis dix-huit mois. La m re avait lutt de toutes ses forces contre le malheur, mais sa sant branl e la rendait inhabile aux rudes travaux de la campagne, et d'ailleurs ses jeunes enfants demandaient des soins assidus; malgr son courage et sa bonne volont , la mis re mena ait la chaumi re des orphelins; ce n' tait pas cette mis re d sesp rante des grandes villes; non, il y avait toujours des roses dans le petit jardin, des parfums dans l'air, un tapis de verdure pour reposer les yeux. Ce n' tait pas non plus cette pauvret hardie qui se pla t montrer ses haillons et son visage sombre pour attirer la piti . Brigitte aurait abr g le temps de son sommeil plut t que de laisser ses enfants courir dans le village avec des habits d chir s. Au pantalon noir du bon petit Jacques, il y avait une pi ce marron parfaitement mise, et qui t moignait en faveur de la m nag re..."