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1000 tulosta hakusanalla Laurel Conran
Si les Canadiennes le voulaient !
Laure Conan
Createspace Independent Publishing Platform
2016
nidottu
Extrait du roman: (Maurice Darville sa soeur) Ch re Mina, Je l'ai vue - j'ai vu ma Fleur des Champs, la fra che fleur de Valriant - et, crois-moi, la plus belle rose que le soleil ait jamais fait rougir ne m riterait pas de lui tre compar e. Oui, ma ch re, je suis chez M. de Montbrun, et je t'avoue que ma main tremblait en sonnant la porte. - Monsieur et Mademoiselle sont sortis, mais ne tarderont pas rentrer, me dit la domestique qui me re ut;
extrait: 12 mai 18... Quel trange mois de mai Toujours de la pluie m l e de neige ou une brume presque aussi froide, presque aussi triste. Cela m'affecte plus que de raison. Dans ce printemps sans clat, sans verdure, sans po sie, sans vie, je vois si bien l'image de ma jeunesse. Pauvre jeunesse Rien n'est triste comme le printemps, quand il ressemble si fort l'automne. D'un jour l'autre, je le sens plus douloureusement; d'un jour l'autre, j'ai moins de courage. L'abattement n'all ge rien. Il faut r agir contre l'ennui qui m'accable. Je le comprends et d faut de conversations agr ables, de voyages, d'amusements, d'occupations attachantes, je vais essayer du recueillement et de la plume pour me distraire.... Auteur: Marie-Louise F licit Angers, dite Laure Conan, n e La Malbaie (Canada-Est, aujourd'hui le Qu bec) le 9 janvier 1845, d c d e le 6 juin 1924 l'H tel-Dieu de Qu bec, est une crivaine canadienne-fran aise. Elle fait de brillantes tudes au Couvent des Ursulines de Qu bec. D s son plus jeune ge, elle lit avec d votion de grands crivains fran ais (Bossuet, Chateaubriand, Sainte-Beuve), qu b cois (Fran ois-Xavier Garneau, Marie de l'Incarnation) ou trangers (Silvio Pellico) dans une perspective r solument chr tienne. En 1862, elle fait la connaissance de l'arpenteur-g om tre Pierre-Alexis Tremblay qui lui fait une cour assidue. Leur rupture, en 1868, met un terme sa vie publique. Elle s'isole dans sa vaste demeure et remet en cause les conventions sociales, puis d cide de se consacrer l' criture. En 1878, elle utilise le pseudonyme de Laure Conan pour faire para tre une nouvelle intitul e Larmes d'amour, dans La Revue de Montr al. Ce court texte, dans une version remani e, sera imprim en 1897 sous le titre Un amour vrai. Elle publie son texte le plus c l bre, Ang line de Montbrun, en 1882, le premier roman psychologique de la litt rature qu b coise. Suivront d'autres r cits, souvent caract re historique, qui en font la premi re romanci re qu b coise. Elle r dige galement des monographies de grandes figures du pass .
Laure Conan a t la premi re femme romanci re au Canada fran ais et la premi re crivaine du Canada tenter un roman d'analyse. Alors qu'elle refusait de r v ler sa v ritable identit , l'auteur de la pr face de son livre, l'abb H.-R. Casgrain, a fait un point de confirmer que c' tait bien une femme se cachant derri re le pseudonyme. Son audace dans l' criture d'un roman psychologique a t pardonn parce qu'elle tait une femme, et son anticipation de la tendance ce type de roman a t attribu e cette intuition naturelle son sexe. Dans AngEline de Montbrun, Laure Conan a rompu avec ce qu'on a appel le romantisme collectif de la terre franco-canadienne du XIXe si cle, avec le mythe rural, le ton exortif et la vaste toile. Ces pr occupations sont essentiellement absentes dans son travail. De plus, elle vitait les d tails de l'aventure et de l'intrigue, les personnages en bois, pr visibles et les subtilit s transparentes de l'amour romantique en faveur de l' criture sur le trouble int rieur d'un personnage vivant, une jeune femme prise dans un r seau complexe d'app tits humains, Les aspirations et les relations. En raison du r alisme du roman, l'un des sujets les plus persistants de discussion sur Laure Conan a t de savoir si AngEline de Montbrun est autobiographique ou non. Des tudes r centes l'indiquent peut- tre. En tout cas, AngEline tait le personnage le plus complexe dans la fiction canadienne 1882 et pour un certain temps venir.
Angéline de Montbrun (French Edition)
Laure Conan
Createspace Independent Publishing Platform
2018
nidottu
Ang line de Montbrun (1882), roman de Laure Conan (nom de plume de F licit ANGERS), est le premier roman psychologique paru au Canada fran ais et l'un des premiers romans r dig s par une femme. Anger y r unit fiction pistolaire, m ditations religieuses et journal intime.
J'ai t t moin dans ma vie d'un h ro que sacrifice. Celle qui l'a fait et celui pour qui il a t fait sont maintenant dans l' ternit . J' cris ces quelques pages pour les faire conna tre. Leur souvenir m'a suivie partout, mais c'est surtout ici, dans cette maison o tout me les rappelle, que j'aime remuer les cendres de mon coeur. mon Dieu, vous tes infiniment bon pour toutes vos cr atures, mais vous tes surtout bon pour ceux que vous affligez. Vous savez quel vide ils ont laiss dans ma vie et dans mon coeur; et pourtant, m me dans mes plus am res tristesses, j' prouve un immense besoin de vous remercier et de vous b nir. Oui, soyez b ni, pour m'avoir donn le bonheur de les conna tre et de les aimer; soyez b ni pour cette foi profonde, pour cette admirable g n rosit , pour cette si grande puissance d'aimer que vous aviez mises dans ces deux nobles coeurs.
Si les Canadiennes le voulaient !: Aux canadiennes francaises
Laure Conan
Createspace Independent Publishing Platform
2017
nidottu
C' tait Qu bec, par un soir d'octobre dernier. J' tais chez une charmante Canadienne que, par discr tion, je nommerai madame Dermant. La soir e s'avan ait. Assises leur table d'ouvrage, la ma tresse de c ans et sa ni ce, Melle du Vair, travaillaient un lambrequin destin au bazar du Patronage. Tout en travaillant, nous causions des v nements et des hommes du jour. - Mais, dit Melle du Vair, vous expliquez-vous pourquoi les hommes d'aujourd'hui changent si vite d'opinions et de sentiments ? - Je n'explique rien, ma ch re, r pondit tranquillement madame Dermant. Je sais depuis longtemps que les feuilles du tremble tournent au moindre vent. - Bonsoir, mesdames - dit une voix m le et vibrante. Et un homme, l'air distingu , s'avan a et salua avec l'aimable familiarit d'un habitu , et la gr ce ais e d'un homme du monde. (Je le nommerai M. Vagemmes, n'ayant pas le droit de donner les noms propres).
A l'oeuvre et a l'epreuve: roman
Laure Conan
Createspace Independent Publishing Platform
2017
nidottu
C' tait en l'ann e 1625, aux premiers jours du printemps. M. Garnier, ma tre des requ tes au conseil du roi, avait d j abandonn son h tel de Paris pour sa d licieuse villa d'Auteuil. Comme il rentrait chez lui, un soir: - Eh bien, demanda sa femme en l'apercevant, avez-vous t Port-Royal ? - J'en arrive, lui r pondit le magistrat, qui prit un si ge et vint tranquillement s'asseoir pr s d'elle, en face de la chemin e. Suivant votre recommandation, j'ai vu d'abord madame l'abbesse. - Et qu'a dit la m re Ang lique ? demanda madame Garnier, pliant la tapisserie laquelle elle travaillait.
Les jours passent et je reste profond ment troubl e. Malgr moi, je pense sans cesse aux tranges paroles de M. Osborne. Cela tourne l'obsession. J'ai beau faire, dans les conversations les plus anim es, au th tre, partout, je le vois, je l'entends me dire tout tonn La diff rence de religion... Cette diff rence est-elle si grande ?... Depuis que je vous connais, depuis que je veux vous avoir pour femme, je vous ai beaucoup observ e et il me semble bien que vous tes catholique comme je suis protestant - de nom seulement. Ces mots me poursuivent. J'en ressens comme une fl trissure. Catholique de nom, voil comment me juge un homme intelligent, tr s m l ma vie depuis deux ans - et qui dit m'aimer.
Brigeac, assis la table, met des papiers en ordre - Voici mon travail de secr taire termin . Avec votre permission, Monsieur de Maisonneuve, je vais maintenant fourbir mes armes. (Il va prendre un pistolet, un poignard tach de sang, une peau de chamois, tout ce qu'il faut pour fourbir les armes. Regardant le pistolet et le poignard, il dit avec regret: ) Ah si je les maniais comme Lambert Closse manie les siens Maisonneuve - a viendra, - a viendra. Le major qui vous a vu au feu, parle de vous en fort bons termes.
Ch re Mina, Je l'ai vue - j'ai vu ma Fleur des Champs, la fra che fleur de Valriant - et, crois-moi, la plus belle rose que le soleil ait jamais fait rougir ne m riterait pas de lui tre compar e. Oui, ma ch re, je suis chez M. de Montbrun, et je t'avoue que ma main tremblait en sonnant la porte. - Monsieur et Mademoiselle sont sortis, mais ne tarderont pas rentrer, me dit la domestique qui me re ut; et elle m'introduisit dans un petit salon tr s simple et tr s joli, o je trouvai Mme Lebrun, qui est ici depuis quelques jours. J'aurais pr f r n'y trouver personne. Pourtant je fis de mon mieux. Mais l'attente est une fi vre comme une autre
Mais, ch re amie, il ne faut s'attendre ce qui fait le charme du roman. Je vous le dis d'avance, il n'y a l que les pens es d'une femme dont la vie a t singuli rement aride et monotone. Ainsi ne comptez ni sur la po sie de l'amour, ni sur la po sie de la douleur. Malheureuse d'abord dans sa famille, malheureuse ensuite dans son mariage, Val rie B... n'a gu re connu que les petits chagrins et la mis re de vivre toujours sans sympathie et sans joie; elle n'a eu qu' triompher d'elle-m me pour se r signer une vie plus triste et plus terne que la vie ordinaire.
Jean Le Gardeur de Tilly, capitaine de milice incorpor dans les grenadiers, avait t bless gri vement la bataille de Sainte-Foy. Transport mourant l'H pital-G n ral, il y avait cruellement souffert. Pendant bien des jours, sa vie ne tint qu' un fil. Mais un beau matin du mois de juin, le docteur Fauvel, apr s l'avoir soigneusement examin , lui dit triomphant: - Enfin, vous tes nous Un clair de joie traversa les yeux sombres du bless . Son visage, creus par la fi vre, et d'une p leur de mort, s' claira.
Quel trange mois de mai Toujours de la pluie m l e de neige ou une brume presque aussi froide, presque aussi triste. Cela m'affecte plus que de raison. Dans ce printemps sans clat, sans verdure, sans po sie, sans vie, je vois si bien l'image de ma jeunesse. Pauvre jeunesse Rien n'est triste comme le printemps, quand il ressemble si fort l'automne. D'un jour l'autre, je le sens plus douloureusement; d'un jour l'autre, j'ai moins de courage.