Ris, ne te g ne point, ami tr s cher, grand docteur Je te vois d'ici lisant ma lettre au fond du fastueux cabinet encombr de la d pouille des ges o , pareil un Faust qui serait bibelotier, tu passes au creuset de la science moderne ce que l'humanit gardait encore de myst res, o , parmi les tableaux anciens et les statues, les maux, les tapisseries, tu uses tes jours, pouss par je ne sais quel contradictoire et douloureux besoin de v rit , r duire en vaine fum e les illusions de ce pass dont le reflet pourtant reste ta seule joie; et je devine le sourire d'ironie compatissante qui, avant une minute, va clairer ton numismatique profil. Tel que tu me connais: devenu douteur par raison, gu ri des beaux enthousiasmes et d shabitu de l'esp rance, je suis tr s s rieusement occup la recherche d'un tr sor.
Paul Ar ne, n le 26 juin 1843 Sisteron et mort le 17 d cembre 1896 Antibes, est un po te proven al et crivain fran ais, inhum Sisteron. Sa m re Marie Louise Reyne Lagrange, n e le 7 janvier 1818 Sisteron, est ouvri re faiseuse de modes. Elle s'est mari e, le 12 septembre 1838, Sisteron, alors qu'elle est encore mineure, Adolphe Ar ne, n le 7 novembre 1810, horloger. Le grand-p re maternel de Paul Ar ne, Dominique Lagrange, n le 23 f vrier 1787 Sisteron, est ma tre chapelier.
C' tait une admirable fin de septembre, mariant aux ardeurs plus exasp r es de l' t pr s de son d clin comme un savoureux avant-go t des pl nitudes automnales. Les raisins achevaient de m rir; les derniers gerbiers rentr s, on se pr parait pour la vendange. Les p ches de plein vent, quand les gens passaient dans les vignes, semblaient faire expr s d'abaisser port e des l vres la caresse de leur chair tentante.
Le recueil contient trente-deux contes, pr c d s d'une introduction. Extrait: Chut dit-il Tr fume en excellent fran ais, pas de bruit, de scandale inutile; asseyons-nous l dans ce coin. -- Voil qui va bien pense Tr fume. Mais l'Am ricain continue: -- Je sais pourquoi vous venez New-York; tes-vous homme nous entendre ? -- Pourquoi pas ? r pond Tr fume qui croit qu'il s'agit de l'h ritage; on peut toujours s'entendre entre braves gens.
Les figues-fleurs Je vins au monde au pied d'un figuier, il y a vingt-cinq ans, un jour que les cigales chantaient et que les figues-fleurs, distillant leur goutte de miel, s'ouvraient au soleil et faisaient la perle. Voil , certes, une jolie fa on de na tre, mais je n'y eus aucun m rite. Aux cris que je poussais, (ma m re ne se plaignit m me pas, la sainte femme ) mon brave homme de p re, qui moissonnait dans le haut du champ, accourut.
Le recueil contient trente-deux contes, pr c d s d'une introduction. Extrait: Chut dit-il Tr fume en excellent fran ais, pas de bruit, de scandale inutile; asseyons-nous l dans ce coin. -- Voil qui va bien pense Tr fume. Mais l'Am ricain continue: -- Je sais pourquoi vous venez New-York; tes-vous homme nous entendre ? -- Pourquoi pas ? r pond Tr fume qui croit qu'il s'agit de l'h ritage; on peut toujours s'entendre entre braves gens. -- Braves gens ou non, voici dans ce portefeuille cinquante mille francs en bank-notes. Si vous voulez, ils sont vous, avec une somme gale qu'un inconnu vous remettra au moment du d part, quand la Bretagne l vera l'ancre. Car la Bretagne part ce soir, et vous partirez avec elle. Est-ce dit ? -- C'est dit -- Maintenant, topez l , nous ne nous sommes jamais vus. .
La ch vre d'or est une l gende reprise par plusieurs auteurs, dont Fr d ric Mistral. Paul Ar ne situe l'histoire en Provence orientale. "J'avais rencontr La ch vre d'or dans tous les coins de Provence, aux Baux, Gordes, Vallauris. partout la l gende se rattachait aux souvenirs de l'occupation sarrasine, et partout il s'agissait d'une ch vre la toison d'or, habitant une grotte pleine d'incalculable richesses et menant la mort l'homme assez audacieux pour essayer de la traire ou de s'emparer d'elle..." La ch vre, animal fabuleux, serait la gardienne d'un tr sor laiss par les Maures. Ceux qui l'ont vue et ont tent de la suivre ne sont jamais revenus...
Le Midi bouge est un recueil de contes en fran ais de l' crivain proven al Paul Ar ne (1843-1896), publi en 1891. Son titre renvoie une chanson de marche de la guerre franco-allemande de 1870...
"Un jour qu'elle jouait aux alentours du Grand Couvert sur la jonch e de liti re fra che qui cachait les fumiers de la rue des Poternes, Domnine, avec la na ve audace des enfants, se glissa dans le plain-pied blanchi la chaux o soeur Nanon, bonne vieille assez originale, aim e de tout le monde avec le renom d' tre folle un peu, exer ait son m tier d' estireuse, s'usant les yeux contenter une client le d'eccl siastiques et de b guines, plissant les surplis, repassant les aubes, et ruchant avec de longues pailles les derni res coiffes canon..."
Contes de Provence est un recueil de contes publi par Paul Ar ne en 1887. Ce recueil contient les contes suivants: Le Fifre rouge; Les Clous d'or; Les Haricots de Pitalugue; Le Champ du fou; La Mort des cigales; Le Tambour de Roquevaire; Le Renard aveugle; Un homme heureux; Mon ami Naz; L'arrestation du tr sor; Curo-Biassor; Le Bon Tour d'un saint; Le Chapeau de Sans-Ame; Les Abeilles de M le cur ; et Les Saules de M S nez.
"Depuis deux jours, le vent des fleurs soufflait, la ti de brise qui fait clore les fleurs et les marie, et dans la plaine, sur les coteaux, part la verdure joyeuse des jeunes bl s, toute la campagne tait blanche. L'air sentait bon, les arbres pliaient sous des flocons de neige embaum e, les p tales effeuill s tourbillonnaient partout dans les parfums et la lumi re, ainsi que des vols de papillons blancs; et pour cadre cette joie, ces blancheurs, les grandes Alpes, d j rev tues des chaudes vapeurs de la belle saison, mais encore couronn es de neige, se dressaient dans le lointain, blanches et bleues comme les vagues de la M diterran e quand elles secouent leur cume au soleil un lendemain de temp te..."
La ch vre d'or est un animal fabuleux qui poss de un pelage, des cornes et sabots d'or. Gardienne de tr sors l gendaires, son mythe est li l'occupation sarrasine, partielle ou temporaire, de la Provence au cours de haut Moyen Age. Les Maures en Provence Les raids sarrasins en Provence se sont tal s de 730 973. Ils commenc rent avant la bataille de Poitiers pour se poursuivre ensuite intervalles plus ou moins r guliers. Confondant ces v nements avec ceux qui se d roul rent deux ans plus tard, Rodrigue de Tol de, dans son Histoire des Arabes, en donne une version toute personnelle L'an des Arabes CXIV, 'Abd el-Rham n al-Rh fiqi jaloux d'obtenir la palme de la victoire, voyant sa terre couverte d'une nombreuse population, passe les d troits, franchit les montagnes et p n tre dans le Rh ne. Son arm e innombrable ayant assi g Arles, les Francs eurent petite fortune. Mis en fuite par la poursuite des vainqueurs, le Rh ne engloutit leurs cadavres qu'il laissa d couvert sur ses rives. Leurs tombeaux se voient encore aujourd'hui dans le cimeti re d'Arles . En 735, une partie des vaincus de Poitiers rejoignit la vall e du Rh ne. Dans l'ann e qui suivit, les troupes de Charles Martel firent une exp dition punitive sur Aix, Marseille et Arles. Puis en 737, apr s avoir pris Avignon et gorg une partie de sa population, les Francs entr rent en Septimanie. Ils battirent par deux fois les Sarrasins, Montfrin et sur le plateau de Signargues, pr s de Rochefort-du-Gard. N mes subit un sort pire qu'Avignon, les chroniqueurs parlent de t tes coup es, amoncel es en pyramide dans les Ar nes. Puis, les Barbares venus du Nord pill rent et d sol rent tout le pays. l'appel du patrice Mauronte, horrifi par les exactions des Francs, les Sarrasins revinrent en alli s Avignon et Marseille. P pin, le fils de Charles Martel, et Liutprand, roi des Lombards, s'alli rent pour les vaincre. Les deux cit s proven ales furent prises d'assaut. Des seigneurs francs re urent en fief des cit s strat giques en Provence afin d'emp cher tout retour des Sarrasins. Prisonniers chr tiens ex cut s par les Sarrasins Ce qui ne les emp che point de revenir en Provence en 760, puis en 787 dans les Dentelles de Montmirail o ils pill rent Pr bayon. Leur pression fut nouveau si forte en Septimanie que Charlemagne chargea son cousin Guillaume, comte de Toulouse, de les faire refluer. Les deux arm es se combattirent de 793 795. Guillaume lib ra Orange, ce qui lui valut le titre de Prince de cette cit et d fit les Sarrasins du c t de Narbonne. Ayant fait de la Corse leur repaire, ils revinrent pourtant sur les c tes proven ales en 813 afin de se fournir en esclaves. Puis on les retrouve assi geant Marseille en 838. Entre 844 et 850, ils remont rent la vall e de l'Ouv ze o ils pill rent Vaison puis redescendirent vers Arles qu'ils assi g rent. Ils furent nouveau en basse Provence en 869 pour s'en prendre encore Marseille et Arles.
Extrait: C' tait une admirable fin de septembre, mariant aux ardeurs plus exasp r es de l' t pr s de son d clin comme un savou-reux avant-go t des pl nitudes autom-nales. Les raisins achevaient de m rir; les derniers gerbiers rentr s, on se pr parait pour la vendange. Les p ches de plein vent, quand les gens passaient dans les vignes, semblaient faire expr s d'abaisser port e des l vres la caresse de leur chair tentante. L'air sentait une bonne odeur de pampre et de terre chauff e, et partout, sur les coteaux retentissants du coup de fusil des chasseurs, s'enten-dait, endormeur et m lancolique, le: Tu m'as bu mon vin de l'ortolan. Parmi tous les chasseurs sortis ce ma-tin-l de Rochegude, il en tait un qui, assur ment, pensait autre chose qu' chasser. Loin des chaumes et des cultures, l'arme rejet e sur l' paule et sans prendre garde aux supplications muettes de son chien, il allait droit devant lui travers la colline, broyant lavandes et cailloux sous les clous de ses forts souliers, presque aussi peu mu du brusque d part d'une compagnie de perdrix rouges que de la chanson des derni res cigales obstin es s' gosiller, malgr la moisson faite, de chaque c t du sentier, sur l' corce aride des rables-li ges. Et m me les cigales semblaient l'int -resser davantage. - C'est trange, se demandait-il: pour-quoi, chez les Grecs, honorait-on de l' pith te d'harmonieux cet insecte dont le vacarme ne me parut jamais aussi insupportable qu'aujourd'hui?... Les Ro-mains, eux, du moins, trouvaient la cigale enrou e: rauca cicada, dit Virgile. N anmoins, mieux couter, ce chas-seur vraiment fantaisiste observa que si, comme ex cutant isol , une seule cigale manque de charme, dix cigales, vingt, cent cigales, tout l'orchestre enfin des cigales "sonnant ensemble, produisaient, en effet, parmi les rocs br l s du soleil, les champs o le mirage ondoie, une caniculaire et discordante harmonie qui s'ac-cordait merveille avec les beaut s sp -ciales du paysage en cette saison. On le voit: malgr que les bosses de son chapeau mou, sa chaussure lourdement ferr e et son costume en grossi re toffe lui donnassent distance quelque peu l'aspect d'un braconnier campagnard, M. M d ric Mireur, gros gar on, r joui, d'allure un tantinet militaire, que les bonnes gens de Rochegude, non sans une nuance de respect, appelaient affectueu-sement M. M d ric, gardait dans l'esprit un certain reste de culture.