Léon Brunschvicg’s contribution to philosophical thought in fin-de-siècle France receives full explication in the first English-language study on his work. Arguing that Brunschvicg is crucial to understanding the philosophical schools which took root in 20th-century France, Pietro Terzi locates Brunschvicg alongside his contemporary Henri Bergson, as well as the range of thinkers he taught and influenced, including Lévinas, Merleau-Ponty, de Beauvoir, and Sartre. Brunschvicg’s deep engagement with debates concerning spiritualism and rationalism, neo-Kantian philosophy, and the role of mathematics in philosophy made him the perfect supervisor for a whole host of nascent philosophical ideas which were forming in the work of his students. Terzi outlines Brunchvicg's defence of neo-Kantian judgement, historical analysis and the inextricability of the natural and humanist sciences to any rigorous system of philosophy, with wide-ranging implications for contemporary scholarship.
Léon Brunschvicg’s contribution to philosophical thought in fin-de-siècle France receives full explication in the first English-language study on his work. Arguing that Brunschvicg is crucial to understanding the philosophical schools which took root in 20th-century France, Pietro Terzi locates Brunschvicg alongside his contemporary Henri Bergson, as well as the range of thinkers he taught and influenced, including Lévinas, Merleau-Ponty, de Beauvoir, and Sartre. Brunschvicg’s deep engagement with debates concerning spiritualism and rationalism, neo-Kantian philosophy, and the role of mathematics in philosophy made him the perfect supervisor for a whole host of nascent philosophical ideas which were forming in the work of his students. Terzi outlines Brunchvicg's defence of neo-Kantian judgement, historical analysis and the inextricability of the natural and humanist sciences to any rigorous system of philosophy, with wide-ranging implications for contemporary scholarship.
" Pas plus que nous ne comprendrions tout fait l'ordre de la pens e pascalienne si nous ne nous efforcions d'en appuyer l'interpr tation la carri re du savant, nous ne serions assur s d'en bien saisir l'inspiration si nous laissions se voiler la lumi re du miracle d cisif: la mani-festation de la puissance divine Port-Royal de Paris, qui termine, objectivement et souverainement, la querelle des Provinciales, qui suscite l'entreprise de l'Apologie. Cette liaison troite entre les diverses parties de l'oeuvre est tudi e, de points diff rents, dans les chapitres intitul s: Finesse et G om trie, l'Exp rience religieuse de Pascal, la Solitude de Pascal. Ils ont eu pour occasion les conf rences ou communications par lesquelles l'Acad mie du Sciences morales et politiques, l'Institut des Hautes- tudes Bruxelles, Le Club fran ais de l'Universit de Cambridge, la Soci t Les tudes de Lettres Lausanne, se sont associ s et ont bien voulu nous associer la comm moration de Pascal. Nous avons eu coeur d'y faire apercevoir comment l'universalit de l'hommage rendu Pascal, chez nous et dans le monde, avait sa raison dans l'unit d'un g nie v ritablement universel. Il arrive, en effet, que certaine hommes sont dou s d'un certain g nie, correspondant au d veloppement extraordinaire d'une facult ma tresse nettement d finie, l'imp rieux appel d'une vocation bien d termin e. Mais d'autres il est donn d'incarner le g nie lui-m me, parce qu'ils semblent d fier la th orie des facult s, planer au-dessus de toute classification. D'eux, on ne peut pas dire qu'ils sont ceci ou cela; ils sont ceci et cela, dominant toute mati re laquelle il leur a plu de s'appliquer, y imprimant, pour la dur e des temps, la trace de leur passage. A l'un des premiers rangs, dans cette famille sup rieure, il y a Blaise Pascal.
Ce recueil comprend seize le ons profess es par L on Brunschvicg en Sorbonne. Extrait: J'ai indiqu , comme sujet du cours que je dois faire cette ann e devant vous, la Philosophie de l'Esprit; je consacrerai la premi re le on de ce cours pr ciser les termes dans lesquels le probl me se pose pour moi. T che d licate, je vous en avertis, dans votre int r t plus encore que dans le mien. Moi, je sais peu pr s vers quelle solution je me dirige, et, par cons quent, je suis, in vitablement, port aux d finitions initiales qui s'adapteront aux conclusions que j'entrevois. Seulement, m me si je parvenais la coh rence syst matique qui est la condition formelle (mais non suffisante) de la v rit philosophique, votre t che, vous, c'est de ne pas vous en contenter. Vous avez vous d fendre contre des conclusions qui ne seraient pas enti rement justifi es. Exercez donc, d s le d but, la rigueur d'une surveillance attentive et m me d fiante vis- -vis de pr misses qui seraient innocemment gliss es dans le discours; ce sont peut- tre des postulats arbitraires, gros de cons quences auxquelles le d veloppement finirait par donner une apparence usurp e de propositions n cessaires. Je fais cet appel votre contr le perp tuel, parce qu'il peut seul apporter pour vous quelque valeur ce que je dirai; comme d'ailleurs pour le professeur, le souci de votre contr le est le meilleur, parmi ceux qui restent permis son ge, des moyens d' ducation.
" ...Chaque fois qu'il nous est arriv de reprendre contact avec les Essais de Montaigne, nous inclinions nous expliquer la profonde amertume de leur accent, dissimul e sous une affectation de nonchalance, par les malheurs d'une poque qui tait dans notre souvenir la plus sinistre de l'histoire du pays. Les v nements dont la France est aujourd'hui la victime devaient naturellement nous amener chercher dans la compagnie de Montaigne refuge et amiti . En interrogeant ainsi les Essais, en prolongeant notre m ditation d sol e, nous avons vu surgir, avec le spectacle d'un redressement brusque et total, un motif puissant d'espoir et de confiance. La fortune a donn Montaigne les lecteurs les plus assidus et les plus fervents qu'auteur ait pu souhaiter: Ren DESCARTES et Blaise PASCAL. Tous deux l'ont incorpor leur propre substance, impatients pourtant de lui r pondre, et par l de mettre l'abri de ses critiques inexorables les principes de leurs convictions. L' tude parall le de leurs r ponses, radicalement divergentes et en m me temps troitement solidaires l'une de l'autre, nous a sembl offrir une chance s rieuse de pr ciser les termes du probl me auquel la pens e fran aise s'est attach e l'issue du Moyen ge et d'en d finir les caract res essentiels..."
" ...La raison d limit e par les principes et les cadres de la logique formelle, qui offre, comme disait Montaigne, certaine image de prudhomie scolastique, rencontre le dynamisme constructeur de l'intelligence cart sienne, la f condit infinie de l'analyse math matique. Semblablement, en face de l'exp rience telle que l'empirisme pur la con oit, exp rience passive dont l'id al serait de rejoindre les donn es imm diates et de s'y borner, s'est constitu e l'exp rience active de la m thode exp rimentale. Quand nous pronon ons le mot de libert , il importe de savoir ce que nous entendons par l , le mouvement de r volte contre la loi ou le labeur m thodique en vue de cr er les conditions d'un ordre plus juste. Si l'amour implique d vo ment et sacrifice, il aura pour contraire moins la haine que l'amour encore en tant qu'instinct de convoitise et de jouissance. Dieu lui-m me livre combat Dieu, lorsqu'un Blaise Pascal, au moment crucial de sa vie religieuse, nous somme de nous d cider entre le Dieu de la tradition jud o-chr tienne et le Dieu d'une pens e universelle: Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Et comment ne pas nous rendre compte que notre destin e est engag e dans la mani re dont nous nous comportons envers notre me, selon que nous en rejetons l'image statique dans un au-del inaccessible nous-m me ou que nous travaillons effectivement pour int grer la conscience claire le foyer de notre activit spirituelle ?..."
Ce livre pr sente cette th se qu' la raison vraie, telle qu'elle se r v le par le progr s de la connaissance scientifique, il appartient de parvenir jusqu' la religion vraie, telle qu'elle se pr sente la r flexion du philosophe, c'est- -dire comme une fonction de l'esprit se d veloppant selon les normes capables de garantir l'unit et l'int grit de la conscience. Par religion (disait Jules Lachelier au cours d'un dialogue m morable o il se confrontait mile Durkheim) je n'entends pas les pratiques religieuses ou les croyances particuli res, qui trop videmment varient d'un tat social un autre. Mais la vraie religion est bien incapable de na tre d'aucun rapprochement social; car il y a en elle une n gation fondamentale de tout donn ext rieur et par l un arrachement au groupe, autant qu' la nature. L' me religieuse se cherche et se trouve hors du groupe social, loin de lui et souvent contre lui... L' tat de conscience qui seul peut, selon moi, tre proprement appel religieux, c'est l' tat d'un esprit qui se veut et se sent sup rieur toute r alit sensible, qui s'efforce librement vers un id al de puret et de spiritualit absolues, radicalement h t rog ne tout ce qui, en lui, vient de la nature et constitue sa nature.
Le probl me des ges de l'intelligence s'est pos dans toute sa nettet d s que la constitution d'une physique v ritable eut mis en vidence la vanit de ce qui passait jusqu'alors pour connaissance rationnelle de la nature. M. Gilson remarque, au cours de ses pr cieuses recherches sur La formation du syst me cart sien et la critique des formes substantielles: La physique aristot licienne de la scolastique repose tout enti re sur cette hypoth se que l'univers de l'enfant est l'univers r el; elle nous d crit pr cis ment ce que l'univers serait si nos impressions sensibles et affectives taient des choses, elle consacre et stabilise d finitivement l'erreur de nos premi res ann es en supposant l'existence de formes ou de qualit s r elles, qui ne sont rien d'autre que les impressions confuses de notre intelligence nomm es, d crites et class es comme autant de r alit s.
Ce recueil regroupe plusieurs articles de l'auteur parus dans la Revue de M taphysique et de Morale entre 1930 et 1932. Les sujets trait s sont divers et inclus: la doxographie et la philosophie, le discours et la v rit , et la transcendance et la religion.
"...Le fait d cisif de l'histoire, ce serait donc, nos yeux, le d placement dans l'axe de la vie religieuse au XVIIe si cle, lorsque la physique math matique, susceptible d'une v rification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplac une physique m taphysique qui tait un tissu de dissertations abstraites et chim riques autour des croyances primitives. L'intelligence du spirituel laquelle la discipline probe et stricte de l'analyse l ve la philosophie, ne permet plus, d sormais, l'imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formul s partir d'un r alisme de la mati re ou de la vie. L'hypoth se d'une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes; le Dieu des tres raisonnables ne saurait tre, quelque part au del de l'espace terrestre ou visible, quelque chose qui se repr sente par analogie avec l'artisan humain ou le p re de famille. tranger toute forme d'ext riorit , c'est dans la conscience seulement qu'il se d couvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent galement..."