Parmi les peintres d' lite, les uns d j dans la tombe, les autres encore debout, qui depuis un demi-si cle ont illustr notre cole, Ary Scheffer occupait non-seulement un des premiers rangs, mais une place part. Cette place, il l'avait conquise par une originalit v ritable, par quelque chose qui lui tait propre dans la mani re de percevoir et d'exprimer le beau. Talent sinc re, naturel, ind pendant, fid le sa vocation, sans souci de la mode, sans trouble du succ s des autres, il avait la foi de l'artiste, et ce n' tait pas l sa moindre originalit . Cette foi, qui d cline et p rit d'heure en heure chez nos plus jeunes et chez nos plus habiles, chez lui ne faisait que grandir mesure qu'il prenait des ann es. Chaque jour, il devenait donc une exception plus rare, un contraste vivant plus utile observer, un plus pr cieux exemple. Aussi, lorsque nagu re la mort l'est venue frapper avant le d clin de l' ge et l'apog e du talent, l' motion a t profonde, le regret unanime...