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Saint-René Taillandier

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48 kirjaa

Kirjojen julkaisuhaarukka 2010-2025.

Le général de Radowitz

Le général de Radowitz

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" J'avais compris jusqu' pr sent les choses les plus ardues, - disait r cemment, l'empereur Nicolas aux conf rences de Varsovie, - je ne puis absolument rien entendre la politique de M. de Radowitz. C' tait le moment, en effet, o ce brillant et, chim rique esprit brouillait d'une si trange fa on toutes les affaires d'Allemagne. Intelligence profond ment religieuse, partisan d'un syst me monarchique fortement assis, r vant comme tant d'autres l'unit de la patrie allemande, M. de Radowitz, apr s un minist re de quelques semaines, tait conduit menacer l'Allemagne d'une guerre fratricide et d cha ner la furie r volutionnaire. Par quelles voies inconnues, par quelles sinuosit s myst rieuses un homme d' tat avait-il pu aboutir ces contradictions inou es ? Quel tait le sens de ces m tamorphoses ? Qui poss dait la cl de ces arcanes ? M. de Radowitz tait-il un esprit aussi dissimul que hardi, et pr tendait-il poursuivre, au milieu de mille volutions bizarres, l'intr pide politique du baron de Stein et de Fr d ric-le-Grand ? ou bien, ne fallait-il voir chez lui que de confuses r veries, d'ambitieuses et folles chim res, destin es faire clater, au jour de l'action, l'impuissance d'un caract re faible ? Pendant longtemps, il ne fut gu re facile d'appr cier M. de Radowitz; les myst res dont il s'entourait, ce m lange de hardiesse et de r serve, cette position de conseiller occulte exer ant une influence r elle, mais, ne paraissant que de loin en loin sur la sc ne ce soin de rester l' cart, cette affectation m me de se retirer sans bruit au moment o triomphait sa pens e, tout enfin devait faire de M. de Radowitz un personnage extraordinaire..."
Le Comte Spéranski

Le Comte Spéranski

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" La Russie a eu des princes de g nie et des diplomates consomm s; a-t-elle eu de grands ministres ? C'est une question qui se pr sente l'esprit au moment o la conclusion de la paix ouvre une carri re nouvelle l'empire des tsars. Depuis que Pierre le Grand a cr la nation russe et lui a l gu son ambition, les personnages qui ont continu son r le se sont pr occup s avant tout des succ s de la politique ext rieure. L'administration de Catherine II et de Nicolas Ier n' tait gu re inspir e que par des pens es de conqu te. Alexandre II a manifest le d sir d'inaugurer pour ses tats l' re des travaux de la paix; ce ne sont plus des conqu rants ambitieux ni de subtils diplomates qu'il faut la Russie, ce sont des ministres r formateurs. D velopper l'industrie, d fricher les steppes, civiliser les Tartares, tracer des routes, rapprocher les distances, tablir une administration vigilante et int gre, tirer de ce vaste pays toutes les ressources qu'il contient, effacer les lois iniques et appeler la dignit d'homme tant de citoyens d sh rit s, c'est l une partie du programme que doit se proposer le cabinet de Saint-P tersbourg. Encore une fois, quelles traditions les serviteurs d'Alexandre II trouveront-ils dans leur histoire ? La Russie a-t-elle eu un Colbert, un Turgot, un Robert Peel ? A-t-elle eu du moins des hommes qui eussent pu aspirer suivre ces grands mod les ? Si elle en a produit, quel a t le prix de leurs efforts ?..."
Oscar de Redwitz

Oscar de Redwitz

Saint-René Taillandier

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2018
nidottu
" Les v nements de ces derni res ann es ont t une crise heureuse dans la vie morale de l'Allemagne. Malgr le calme apparent des esprits la veille de 1848, et quoique les partis extr mes, en religion et en politique, fussent revenus des violences qui avaient signal leurs d buts, toutes les mauvaises passions, toutes les erreurs d testables qui se cachent sous le nom d'humanisme faisaient secr tement leur chemin. Ceux qui d non aient l'ath isme d magogique comme le plus grand fl au des lettres allemandes taient tax s d'exag ration. N' tait-ce pas attribuer trop d'importance une cole sans prestige ? Les jeunes h g liens n' taient qu'une bande d'aventuriers, comme il y en a toujours la suite des grandes exp ditions. Puisque l'Allemagne s'avan ait tout enti re la conqu te d'une soci t plus juste et d'institutions plus lib rales, comment s' tonner qu'une troupe d'enfants perdus se livr t en dehors des rangs toute sorte de folles quip es ? Comment s'en alarmer surtout ? La grossi ret seule des conclusions devait d cr diter de tels syst mes. Ainsi parlaient, il y a cinq ans, les esprits inattentifs, ainsi s'endormaient eux-m mes ceux qui ne voulaient pas tre r veill s, et cependant le mal gagnait de proche en proche. Les r volutions ont mis brusquement d couvert ces influences malsaines, elles ont fait clater tout ce qui s'agitait dans l'ombre l'abri de cette s curit trompeuse; maintes apparitions sinistres ont eu lieu, mais finalement l'explosion a purifi l'atmosph re. Il est permis de regretter, dans la politique, bien des choses qui ont suivi cette catastrophe, bien des r actions salutaires qui ont d pass le but et repris ce qui tait l gitimement gagn dans l'ordre tout autrement s rieux de la pens e et de l'existence morale, il n'y a rien regretter. La crise tait n cessaire, et elle a t f conde. Pour beaucoup d'intelligences, une vie nouvelle a dat de ce moment; aussit t l'orage fini, de suaves odeurs ont parfum la nature..."
L'Historien et l'histoire de la guerre de Crimée

L'Historien et l'histoire de la guerre de Crimée

Saint-René Taillandier

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2018
nidottu
"... Le 20 d cembre 1854, le mar chal Vaillant, crivant au g n ral Bizot qui commandait le g nie devant S bastopol, lui disait avec sa franchise militaire: Je comprends parfaitement les difficult s de votre position; elles s'augmentent de tout ce qu'il y a de d cousu dans l'entreprise elle-m me, dans les mesures qui l'ont pr c d e et qui ont accompagn son d but. Au mois d'ao t, on ne comptait rien entreprendre cette ann e en Crim e, et au mois de septembre on tait d barqu , on avait livr bataille, on avait fait vingt-cinq lieues en pr sence de l'ennemi, on avait pris une position admirable d'o vous pouvez faire face toutes les forces de la place et du dehors. Voil le r sum fid le des quatre premiers mois de la guerre de Crim e. On ne saurait dire plus en moins de mots. Tout est l , le d cousu de l'entreprise, l'incoh rence des pr paratifs, la brusquerie des op rations, en un mot des imprudences sans nom r par es d'une fa on clatante par la bravoure fran aise et par la faveur de la fortune..."
Varnhagen d'Ense

Varnhagen d'Ense

Saint-René Taillandier

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2018
nidottu
"... M. Charles-Auguste Varnhagen d'Ense est n D sseldorf d'une vieille famille saxonne et westphalienne o la noblesse, acquise il y a bien des si cles par des travaux utiles, a toujours t dignement soutenue. Investie d s le XIIIe si cle de hautes dignit s f odales, l'antique, illustre et chevaleresque race des Ense, comme l'appelle le chroniqueur westphalien Steinen, n'h sita pas se transformer courageusement selon l'esprit des temps nouveaux; elle accrut dans les fonctions civiles et les travaux de la pens e le rang que lui avaient l gu ses chefs. Depuis le XVIe si cle particuli rement, les Ense ont fourni l' tat des savants, des th ologiens et des m decins c l bres. L'un d'eux, Jean d'Ense, fut m decin de Gustave-Adolphe et de la reine Christine de Su de. Le grand-p re de M. Varnhagen d'Ense, distingu aussi par ses talents dans l'art de gu rir, occupa un poste lev la brillante cour de l' lecteur palatin Charles-Th odore. Son p re suivit la m me carri re; il tudia la m decine Heidelberg, Strasbourg, Paris, et mari une jeune fille de Strasbourg qu'il avait aim e pendant ses ann es d'universit , il alla se fixer D sseldorf. C'est l que M. Varnhagen d'Ense vint au monde le 21 f vrier 1785..."
Du roman en Allemagne

Du roman en Allemagne

Saint-René Taillandier

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2018
nidottu
" Malgr l'admiration confiante que nos romanciers la mode professent pour eux-m mes, et en d pit des hymnes entonn s par leurs disciples avec une parfaite ob issance, l' tat de la po sie et de ce qu'on appelle encore l'imagination pr occupe bon droit les mes les moins chagrines; si nous voulons pourtant nous consoler de nos mis res, nous n'avons qu' jeter les yeux sur les pays voisins. Triste consolation, h las on aimerait mieux aller chercher Londres ou Berlin les plaisirs qui nous manquent ici, et opposer, comme Mme de Sta l, aux derni res oeuvres d'une litt rature appauvrie les exemples vivifiants de Goethe ou de Jean-Paul. L'amour-propre se r signerait facilement, et les pures jouissances de la pens e feraient taire les scrupules du patriotisme. Non, cette ressource-l nous manque; ni l'Angleterre, ni l'Allemagne, ni l'Espagne, ni l'Italie, ne nous donneraient aujourd'hui ce que nous cherchons inutilement autour de nous. Que la culture intellectuelle s'accroisse et se propage, que le niveau g n ral s' l ve, on n'en saurait douter. Le travail politique de l'Allemagne est, par exemple, un spectacle vivant, plein d'un int r t s rieux et vraiment digne de nos sympathies..."
L'Histoire du droit de punir

L'Histoire du droit de punir

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" Les subtiles doctrines de philosophie morale qui, en Angleterre et en France, essaient de se substituer aux grandes traditions du genre humain ont abouti r cemment des conclusions fort tranges; des esprits ing nieux, p n trants, des penseurs qui ne sont nullement d daigner, ne craignent pas de contester la soci t le droit de punir les d lits et les crimes. Telle est en effet leur fa on de comprendre la conscience et la libert de l'homme qu'il ne peut plus y avoir ni crimes ni d lits. A les entendre, quand la soci t condamne mort un homme convaincu d'assassinat, elle se trompe sur la nature de l'arr t qu'elle prononce; elle n'a pas le droit de d clarer que cet homme est un criminel, elle a seulement le devoir de le faire dispara tre comme un danger public. Cet homme est une anomalie, une monstruosit ; le salut de l'esp ce veut qu'il soit mis hors d' tat de nuire. On ne frappe pas en lui un tre libre, un tre moral, qui aurait viol des lois ternelles, car tous ces mots, d'apr s les docteurs dont il s'agit, sont entach s de mysticisme; on ne fait autre chose que supprimer un obstacle. Comme il appartient un ensemble de cr atures r unies en soci t , il faut bien, tout en plaignant son sort, lui appliquer les r gles d'une responsabilit sociale; quant la responsabilit morale, la soci t n'a pas le droit d'en parler. Qu'elle frappe, mais qu'elle se taise..."
La Guerre du Caucase: Le prince Woronzoff et le prophète Shamyl

La Guerre du Caucase: Le prince Woronzoff et le prophète Shamyl

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" Toute la plage a retenti, ... ils souffrent de tes douleurs, tous ces mortels qui habitent le sol sacr de l'Asie, et les vierges de Colchide, intr pides soldats, et le peuple scythe, qui occupe les bords du marais M otide, et cette fleur de l'Arabie, ces h ros dont le Caucase abrite les remparts, bataillons fr missants et tout h riss s de lances. Il y a plus de deux mille ans que les choeurs d'Eschyle peignaient ainsi les peuples du Caucase, et il semble que rien ne soit chang . Aujourd'hui encore, comme au temps de Prom th e, la fleur de l'Arabie s'abrite sous les remparts des montagnes sauvages, et les ravins cachent un peuple de h ros. Un autre trait qui avait frapp Eschyle, et qui a conserv pour nous toute sa force, c'est le caract re fabuleux de ce pays. Le Caucase, aux yeux du vieux po te, ce sont les confins du monde, c'est le d sert inaccessible; si nous ne r p tons plus ces paroles, tous les voyageurs qui visitent les gorges du Kasbeck, tous les savants qui essaient de p n trer les secrets de ces peuples, vivantes images des antiques migrations des races, s' crient encore avec la jeune fille aux cornes de g nisse: O suis-je ? chez quel peuple ? Quel est ce captif que j'aper ois encha n ces rocs ? Ces rocs, o le titan vaincu continuait de braver Jupiter et proph tisait sa ruine, ces gorges et ces d fil s formidables, o le proph te Shamyl tient la puissance russe en chec, sont demeur s la plus myst rieuse contr e de la vieille Europe..."
La Comtesse d'Ahlefeldt et le poète Immermann

La Comtesse d'Ahlefeldt et le poète Immermann

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" Il y a trois ans, une femme qui avait port un nom c l bre en Allemagne, Mme la comtesse d'Ahlefeldt, pouse divorc e de M. Adolphe de L tzow, un des h ros de la guerre de 1813, s' teignait tristement au milieu d'un petit nombre d'amis, et la nouvelle de sa mort veillait chez beaucoup d'esprits le souvenir confus d'une douloureuse histoire. La soci t prussienne sous la restauration avait t fort mue des aventures de la comtesse d'Ahlefeldt. Mari e l'intr pide commandant de ces corps francs chant s par Th odore Koerner, elle s' tait s par e de lui apr s quatorze ans de mariage, et vers cette m me poque elle se liait d'une troite amiti avec le g n reux po te Charles Immermann. Le monde est peu dispos interpr ter dans un sens pur ces d licates relations du coeur et de la pens e. On se demandait en souriant ce qui avait pu rapprocher ainsi la grande dame et ce po te enfant de ses oeuvres. La comtesse d'Ahlefeldt, aux yeux de beaucoup de gens, n' tait pas seulement la muse, la B atrice respectueusement invoqu e par l'auteur d'Alexis et de Ghismonda, et quand Immermann se maria, en 1839, avec Mlle Marianne Niemeyer, plus jeune que lui de vingt-cinq ans, bien des regards malveillants crurent d couvrir sur le visage de l'amie d laiss e du po te les signes du d pit et de la honte..."
Léopold Kompert: Le Roman juif en Allemagne

Léopold Kompert: Le Roman juif en Allemagne

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" Ce sera un des caract res de ce temps-ci que le r veil des traditions nationales d'un bout de l'Europe l'autre. Le XVIIIe si cle avait effac l'esprit particulier de chaque peuple; ardent se s parer du pass et d daigneux de ses meilleurs souvenirs, l'homme semblait ne plus avoir de relations avec le sol qui l'avait nourri; une pens e uniforme et des sentiments convenus se substituaient presque partout aux motions, aux id es, tous les ph nom nes moraux suscit s en notre me par la r alit qui nous entoure; la figure abstraite de l'humanit avait pris la place de la cr ature vivante. De toutes les causes qui ont amen , il y a un si cle, l'appauvrissement g n ral de la po sie europ enne, il n'en est pas de plus s rieuse que celle-l . Lorsque la langue et la pens e de Voltaire gouvernaient les intelligences de Saint-P tersbourg Londres et de Berlin Madrid, il n'y avait pas de place pour cette po sie vraie que le soleil fait clore, qui se nourrit de la s ve du sillon, qui re oit pour les f conder les influences du monde r el, et porte au front, comme un signe charmant, la marque des lieux o elle est n e. Une r action ne devait pas tarder se produire; on sait avec quelle fougue impatiente Lessing en fut le promoteur, et comme le g nie national en Allemagne, en Su de, en Angleterre, combattit d'une mani re clatante et finit par remplacer la litt rature artificielle dont le r gne avait dur trop longtemps..."
Le Roi Georges de Podiebrad: Épisode de l'Histoire de Bohême

Le Roi Georges de Podiebrad: Épisode de l'Histoire de Bohême

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" Les r volutions du monde moderne offrent de singuli res analogies travers toutes les diff rences qui les s parent. Apr s les premi res violences de la lutte, quand la mort a fauch sur la sc ne les principaux acteurs, on voit appara tre presque toujours une seconde g n ration de h ros, ou du moins de chefs nergiques, de r gulateurs puissants, qui choit la mission de consolider la soci t nouvelle et de consacrer les changements accomplis. Calvin, parlant de ceux qui l'avaient pr c d dans la r volution religieuse, dit que cette mati re avant lui a t d men e confus ment, sans nul ordre de droit, et par une ardeur imp tueuse plut t que par une mod ration et gravit judiciaire. Dans les r volutions politiques comme dans les r volutions religieuses, il y a toute une famille d'hommes qui peut tenir le m me langage. Apr s nos guerres civiles du XVIe si cle, on voit se lever Henri IV; aux puritains de Cromwell succ de Guillaume d'Orange, aux colons de Boston et de New-York le g n ral Washington. Voil des noms bien diff rents, voil des chefs qui accusent des dispositions toutes contraires chez les peuples qui les ont accept s ou subis; il y a pourtant un lien qui les rapproche, et, si oppos s qu'ils soient les uns aux autres, ils attestent cette m me loi historique: apr s les r volutions d men es confus ment, si ces r volutions apportent des id es l gitimes et durables, il faut que l'organisateur apparaisse..."
Léopold Ranke

Léopold Ranke

Saint-René Taillandier

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2017
nidottu
" Un des triomphes de l'esprit allemand, c'est l' rudition patiente et la science aventureuse; il s'en faut bien que cet esprit investigateur poss de au m me degr la fermet pr cise et le grand art de composition qui sont n cessaires l'histoire. Pendant des si cles entiers, les lettres germaniques ne nous pr sentent pas un seul historien digne de ce nom. D s le moyen ge, la France, l'Italie et l'Espagne ont d j des crivains originaux qui gravent en traits expressifs les v nements de leur ge et l guent aux annales litt raires un souvenir immortel; l'Allemagne n'a que des chroniques latines o des moines studieux, mais d pourvus du moindre sentiment du style, enregistrent laborieusement des faits sans couleur et sans vie. Certes, les oeuvres les plus insignifiantes du pass peuvent fournir de curieuses lumi res, et il ne faut pas d pr cier ces t moins des ges barbares que M. Pertz r unit avec tant de z le dans ses Monumenta Germanioe historica; mais, je vous prie, du VIe si cle au XIIe, quels hommes la Germanie pourrait-elle opposer Gr goire de Tours, Villehardouin et Joinville ? Au XIVe si cle, l' poque o les langues modernes, d gag es de leurs premi res entraves, produisent tant de chroniques d'une gr ce incomparable, lorsque Villani trace le tableau de Florence avec une vivacit lumineuse et un na f orgueil, lorsque Froissart raconte en se jouant les derni res prouesses de la chevalerie expirante, et s' l ve, propos des malheurs de la patrie, aux plus nobles accents de l'histoire, lorsque le Froissart espagnol, l'habile chroniqueur Ayala, nous peint d'une plume si nette et d'un accent si dramatique les luttes de Pierre le Cruel et de Henri de Transtamare, - o sont les Froissart, o sont les Villani et les Ayala de l'Allemagne ? Qu'on rende hommage, j'y consens, l'int r t tout local des premi res chroniques en langue tudesque: si pr cieux qu'ils soient pour l'antiquaire, ces t moignages candides n'ont pas pris place dans la litt rature europ enne..."