Kirjojen hintavertailu. Mukana 12 595 353 kirjaa ja 12 kauppaa.

Kirjailija

Paul Bourget

Kirjat ja teokset yhdessä paikassa: 373 kirjaa, julkaisuja vuosilta 2004-2026, suosituimpien joukossa Le Disciple. Vertaile teosten hintoja ja tarkista saatavuus suomalaisista kirjakaupoista.

373 kirjaa

Kirjojen julkaisuhaarukka 2004-2026.

Un Homme d'Affaires

Un Homme d'Affaires

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2016
nidottu
Ce court roman ou cette longue nouvelle, pr c de de deux ans l'Etape. Contrairement ce que le titre pourrait laisser penser, il ne s'agit nullement ici d'examiner le monde des affaires comme, par exemple, dans l'Argent de Zola. C'est encore une histoire de coeur, mais, cette fois un peu cors e. La vengeance du banquier parvenu, tromp assidument et dans la fid lit l'amant, par la fille du couple adult re est un sujet certainement original.
Pauvre petite !

Pauvre petite !

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2016
nidottu
Depuis quand nous connaissions-nous Louise et moi ? Je n'en sais plus rien, nous nous tions souvent rencontr es, toutes petites, toutes les deux en grand deuil, elle, de son p re, moi, de ma m re. Nos gouvernantes taient en relations, nous avions fini par nous parler, nous nous tions plu, puis aim es, et cette amiti -l , nous ne l'avons jamais trahie.
Le danseur mondain

Le danseur mondain

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2016
nidottu
une jeune fille de vingt ans, souple, mince, et dont les traits d licats taient comme clair s par des prunelles bleues d'une intensit singuli re ? Ce couple l gant, agile, uni dans un accord balanc de tous les mouvements, allait et venait ainsi, dans le d cor banal et faussement stylis de ce salon d'un h tel de la Riviera, ouvert largement sur un lumineux et grandiose paysage.
Andre Cornelis

Andre Cornelis

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2016
nidottu
Quand j' tais enfant, je me confessais. Combien j'ai souhait de fois tre encore celui qui entrait dans la chapelle vers les cinq heures du soir, cette vide et froide chapelle du coll ge avec ses murs cr pis la chaux, avec ses bancs num rot s, son maigre harmonium, sa criarde Sainte Famille, sa vo te peinte en bleu et sem e d' toiles. Un ma tre nous amenait, dix par dix. Quand arrivait mon tour de m'agenouiller dans l'une des deux cases r serv es aux p nitents sur chaque c t de l' troite gu rite en bois, mon coeur battait se rompre. J'entendais, sans bien distinguer les paroles, la voix de l'aum nier en train de questionner le camarade la confession duquel succ derait la mienne.
L'Ecuyere

L'Ecuyere

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait: Chapitre 1 UN COIN D'ANGLETERRE RUE DE POMEREU Tous les amateurs de chevaux, qui pratiquaient ce noble sport il y a trente ans et qui lui demeurent fid les en d pit de l'automobile, se rappellent, avec un regret jamais consol , M. Robert Campbell, Bob Campbell, l'importateur brevet des poneys du pays de Galles, le rival des Bartlett et des Hensman, le gros Bob, enfin. Il fallait le voir descendre les Champs-Elys es, dans son tonneau, avec son rouge visage, ras de pr s, o luisaient des yeux d'un bleu si clair. La b te qu'il menait - rarement la m me - tait toujours un petit animal, b ti en hercule, qui mesurait un m tre trente-deux, trente-cinq - treize mains, disait-il dans son fran ais traduit de l'anglais, - et elle allait, elle allait, d vorant l'espace de ses membres courts... Le gros Bob tait v tu, hiver comme t , d'un complet coup dans une de ces toffes rudes qui sentent la tourbi re, que l'on appelle Harris, cause des les o elles sont tiss es. Il fumait une courte pipe en bois de bruy re. Quoiqu'il f t devenu, de par son m tier, un des figurants du tout Paris l gant, il semblait chapp d'une lithographie du Punch, avec son haut chapeau d'un drap noir ou gris, suivant la saison, et son mufle de dogue, d'un flegme si intens ment, si insulairement impassible. Il parlait, et c' tait une gageure, L'Anglais classique de l'ancien r pertoire du Palais-Royal ne pronon ait pas notre langue d'un accent plus cocasse. Il ne donnait pas notre syntaxe des entorses plus audacieuses. Les avis s ne s'y trompaient point. Le gros Bob savait le fran ais comme vous et moi, et, si vous d battiez un march avec lui, vous deviez prendre bien garde que pas une nuance de vos phrases ne lui chappait. En revanche, ce que personne ne savait comme lui, c' tait le mot de cette nigme quatre jambes que repr sente un cheval inconnu pour tout acheteur, et, neuf fois sur dix, pour tout marchand. Quelques minutes suffisaient Bob pour discerner si l'animal tait jeune ou vieux, et son ge six mois pr s, s'il se nourrissait bien ou mal et pourquoi, s'il tait vite ou paresseux, franc ou cabochard et comment, s'il respirait avec des poumons et un coeur intacts, ce que valaient ses jarrets, ses paturons, ses sabots, leur corne, leur sole, ce qu'il avait d j fait, ce qu'il pouvait faire, toute son histoire. Son oeil pers tait impayable de s rieux gouailleur, quand il proc dait ce diagnostic, aussi infaillible dans son domaine que pouvait l' tre, cette m me poque, celui d'un Dieulafoy sur un malade de son h pital ou d'un Morelli sur un tableau du quinzi me si cle. Il n'y avait pas d'exemple qu'un fermier du Norfolk ou du Kerry e t jamais enross le gros Bob... Paul Bourget, n Amiens le 2 septembre 1852 et mort Paris le 25 d cembre 1935, est un crivain et essayiste catholique fran ais issu d'une famille originaire d'Ard che. Ayant donn le signal d'une r action contre le naturalisme en litt rature, Bourget est d'abord tent par le roman d'analyse exp rimental. La finesse de ses tudes de moeurs et de caract res s duit le public mondain qu'il fr quente dans les salons parisiens de la Troisi me R publique. Ses premiers romans - Cruelle nigme (1885), Un crime d'amour (1886) et Mensonges (1887) - ont ainsi un grand retentissement aupr s d'une jeune g n ration en qu te de r ve de modernit . Le romancier change ensuite de direction et s'oriente partir du roman Le Disciple (1889), consid r comme son oeuvre majeure, vers le roman th se, c'est- -dire le roman d'id es. Il ne se contente plus de l'analyse des moeurs mais en d voile les origines et les causes, soumises des lois in luctables et dont la transgression am ne tous les d sordres individuels et sociaux. Cette nouvelle voie conduit Paul Bourget crire des romans davantage psychologiques: L' tape (190
Cruelle enigme

Cruelle enigme

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait: Chapitre 1 DEUX SAINTES Tous les hommes habitu s sentir avec leur imagination connaissent bien la sorte de m lancolie, sans analogue, qu'inflige une trop compl te ressemblance entre une m re et sa fille, lorsque cette m re a cinquante ans, que cette fille en a vingt-cinq, et que l'une se trouve ainsi pr senter le spectre anticip de la vieillesse de l'autre. Qu'elle est f conde en amertumes pour un amoureux, cette vision de l'in vitable fl trissure r serv e la beaut qu'il ch rit Au regard d'un observateur d sint ress , de telles ressemblances abondent en r flexions singuli rement suggestives. Il est rare, en effet, que l'analogie des traits entre les deux visages aille jusqu' l'identit ; plus rare encore que l'expression en soit tout fait pareille. D'une g n ration l'autre, il y a eu comme une marche en avant du temp rament commun. La qualit dominante de la physionomie est devenue plus dominante, - symbole visible d'un d veloppement du caract re produit par l'h r dit . Trop fin d j , le visage s'est affin davantage; sensuel, il s'est mat rialis ; volontaire, il s'est durci et s ch . A l' poque o la vie a termin son oeuvre, lorsque la m re a pass la soixanti me ann e, la fille la quaranti me, cette gradation dans les ressemblances devient comme palpable au contemplateur, et avec elle l'histoire des circonstances morales o s'est d battue cette me de la race dont ces deux tres marquent deux tapes. La perception des fatalit s du sang devient si lucide alors, que parfois elle tourne l'angoisse. Dans ces rencontres se r v le, m me aux esprits les plus d pourvus du sens des id es g n rales, l'implacable, la tragique action des lois de la nature; et, pour peu que cette action s'exerce contre des cr atures qui nous tiennent au coeur, m me en dehors de l'amour, cela fait si mal de la constater Paul Bourget, n Amiens le 2 septembre 1852 et mort Paris le 25 d cembre 1935, est un crivain et essayiste catholique fran ais issu d'une famille originaire d'Ard che. Ayant donn le signal d'une r action contre le naturalisme en litt rature, Bourget est d'abord tent par le roman d'analyse exp rimental. La finesse de ses tudes de moeurs et de caract res s duit le public mondain qu'il fr quente dans les salons parisiens de la Troisi me R publique. Ses premiers romans - Cruelle nigme (1885), Un crime d'amour (1886) et Mensonges (1887) - ont ainsi un grand retentissement aupr s d'une jeune g n ration en qu te de r ve de modernit . Le romancier change ensuite de direction et s'oriente partir du roman Le Disciple (1889), consid r comme son oeuvre majeure, vers le roman th se, c'est- -dire le roman d'id es. Il ne se contente plus de l'analyse des moeurs mais en d voile les origines et les causes, soumises des lois in luctables et dont la transgression am ne tous les d sordres individuels et sociaux. Cette nouvelle voie conduit Paul Bourget crire des romans davantage psychologiques: L' tape (1902), Un divorce (1904) et Le D mon de midi (1914). Il est alors influenc dans son engagement litt raire et dans son orientation romanesque par sa conversion au catholicisme et tente une synth se entre la science et la foi. L' crivain est amen appliquer son talent de romancier psychologue et moraliste aux probl mes sociaux, politiques et religieux de son temps de ce d but de XXe si cle. Son oeuvre multiple comprend aussi des po mes de jeunesse, des essais et quelques pi ces de th tre. L'engagement politique de Paul Bourget m me s'il reste souvent cantonn l'expression litt raire s'est cependant manifest au sein de mouvements militants et les nombreuses prises de position du romancier traditionaliste, catholique et antidreyfusard en faveur de la monarchie brouillent la lecture de son oeuvre, aujourd'hui incomprise voire m pris e et
Le Fantome

Le Fantome

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
EXTRAIT: I. - UN HOMME DU PASS Ce matin-l . - un des premiers du mois de mai 1895, - M. Philippe d'Andiguier, le c l bre collectionneur, le d'Andiguier des tarots, comme on l'appelle, entre initi s, cause d'une pi ce merveilleuse de son mus e, se promenait de long en large, dans le grand salon qui sert de galerie ce mus e, d vor par une agitation dont ses coll gues en manie quattrocentiste eussent t bien tonn s, s'ils avaient pu le voir aller et venir ainsi, et savoir la cause r elle de cette fi vre d'attente. C' tait, autour du vieillard, - M. d'Andiguier, n en 1831, avait alors soixante-trois ans tr s accomplis, - le plus paisible, le plus enveloppant d cor de belles choses, auquel aient jamais pu se caresser les yeux et les r ves d'un sage, d sabus de la vie et d cid ne plus l'accepter qu' travers l'ennoblissement et la purification de l'art. Les trois hautes fen tres de la vaste chambre ouvraient sur un jardin priv , attenant lui-m me un autre enclos, de sorte que les profondeurs vertes d'un v ritable parc s' tendaient au loin, baign es de soleil, remu es par une brise ti de, et peupl es cette heure et en cette saison de cris joyeux d'oiseaux. Les tr s rares portions du faubourg Saint-Germain pargn es par le vandalisme des derni res perc es ont de ces retraites provinciales, d'une po sie d'intimit d'autant plus prenante que la rumeur de la ville fait comme un accompagnement lointain de menace cette tranquillit . Paul Bourget, n Amiens le 2 septembre 1852 et mort Paris le 25 d cembre 1935, est un crivain et essayiste catholique fran ais issu d'une famille originaire d'Ard che. Ayant donn le signal d'une r action contre le naturalisme en litt rature, Bourget est d'abord tent par le roman d'analyse exp rimental. La finesse de ses tudes de moeurs et de caract res s duit le public mondain qu'il fr quente dans les salons parisiens de la Troisi me R publique. Ses premiers romans - Cruelle nigme (1885), Un crime d'amour (1886) et Mensonges (1887) - ont ainsi un grand retentissement aupr s d'une jeune g n ration en qu te de r ve de modernit . Le romancier change ensuite de direction et s'oriente partir du roman Le Disciple (1889), consid r comme son oeuvre majeure, vers le roman th se, c'est- -dire le roman d'id es. Il ne se contente plus de l'analyse des moeurs mais en d voile les origines et les causes, soumises des lois in luctables et dont la transgression am ne tous les d sordres individuels et sociaux. Cette nouvelle voie conduit Paul Bourget crire des romans davantage psychologiques: L' tape (1902), Un divorce (1904) et Le D mon de midi (1914). Il est alors influenc dans son engagement litt raire et dans son orientation romanesque par sa conversion au catholicisme et tente une synth se entre la science et la foi. L' crivain est amen appliquer son talent de romancier psychologue et moraliste aux probl mes sociaux, politiques et religieux de son temps de ce d but de XXe si cle. Son oeuvre multiple comprend aussi des po mes de jeunesse, des essais et quelques pi ces de th tre. L'engagement politique de Paul Bourget m me s'il reste souvent cantonn l'expression litt raire s'est cependant manifest au sein de mouvements militants et les nombreuses prises de position du romancier traditionaliste, catholique et antidreyfusard en faveur de la monarchie brouillent la lecture de son oeuvre, aujourd'hui incomprise voire m pris e et tomb e dans l'oubli.
Steeple-chase

Steeple-chase

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Chapitre 1 Sur la terrasse de la villa W r kiew, - la Folie W r kiew, comme on l'appelait depuis la ruine du prince, - les invit s se pressaient les uns apr s les autres. La f te que donnait la jeune comtesse de Nan ay, la locataire actuelle de cet trange palais de marbre, construit par une fantaisie de maniaque une heure de Florence, se trouvait co ncider avec la plus lumineuse, la plus fra che journ e du printemps nouveau. Un ciel d'un bleu intense enveloppait la campagne sem e d'oliviers p les et de cypr s noirs, o d'autres villas surgissaient par intervalles. Tr s au loin, l'ondulation des collines laissait appara tre le d me de la vieille cit toscane, le Campanile, et, l'extr mit de l'horizon, l'eau de l'Arno luisait au soleil parmi la verdure des Cascines, comme une plaque de m tal bris e en morceaux pars. Cent personnes environ allaient et venaient, les unes en plein air, les autres sous la large tente dress e l'une des extr mit s de la terrasse et qui abritait une grande table charg e de tout l'appareil du go ter parmi des touffes de fleurs. En face de cette tente, quatre musiciens napolitains chantaient des airs de leur pays. Ils taient gras, luisants, v tus d'une mani re la fois sordide et pr tentieuse, avec des pantalons et des jaquettes donn s par quelque g n reux dilettante, des cravates de couleur vive, des bagues o flamboyaient de grosses pierres fausses, et ils portaient des chapeaux de haute forme. L'un touchait de la mandoline, deux tenaient le violon et le quatri me le violoncelle. Et ils chantaient avec une ardeur infatigable, non pas comme des mercenaires, mais pour eux, pour le plaisir de donner de la voix, exag rant la mimique des paroles prononc es. Quelquefois l'un d'eux dansait en mesure, et les m lodies populaires paraissaient plus chaudes, plus vibrantes sur cette terrasse, devant la fa ade claire de la maison, au bord de ce jardin o fr missaient des lilas, o des statues brillaient, blanches parmi les premi res verdures si tendres. Mais l'assembl e de gens du monde qui se trouvait l , toute m l e d'hommes et de femmes de dix nationalit s diff rentes, comme il arrive dans cette Cosmopolis qui est Florence, - continuait son papotage de chaque jour. Paul Bourget, n Amiens le 2 septembre 1852 et mort Paris le 25 d cembre 1935, est un crivain et essayiste catholique fran ais issu d'une famille originaire d'Ard che. Ayant donn le signal d'une r action contre le naturalisme en litt rature, Bourget est d'abord tent par le roman d'analyse exp rimental. La finesse de ses tudes de moeurs et de caract res s duit le public mondain qu'il fr quente dans les salons parisiens de la Troisi me R publique. Ses premiers romans - Cruelle nigme (1885), Un crime d'amour (1886) et Mensonges (1887) - ont ainsi un grand retentissement aupr s d'une jeune g n ration en qu te de r ve de modernit . Le romancier change ensuite de direction et s'oriente partir du roman Le Disciple (1889), consid r comme son oeuvre majeure, vers le roman th se, c'est- -dire le roman d'id es. Il ne se contente plus de l'analyse des moeurs mais en d voile les origines et les causes, soumises des lois in luctables et dont la transgression am ne tous les d sordres individuels et sociaux. Cette nouvelle voie conduit Paul Bourget crire des romans davantage psychologiques: L' tape (1902), Un divorce (1904) et Le D mon de midi (1914). Il est alors influenc dans son engagement litt raire et dans son orientation romanesque par sa conversion au catholicisme et tente une synth se entre la science et la foi. L' crivain est amen appliquer son talent de romancier psychologue et moraliste aux probl mes sociaux, politiques et religieux de son temps de ce d but de XXe si cle.
Un coeur de femme

Un coeur de femme

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
Extrait I UN ACCIDENT DE VOITURE Par une bleue et claire apr s-midi du mois de mars 1881 et vers les trois heures de relev e, une des vingt plus jolies femmes du Paris d'alors, -comme disent les journaux, -Mme la comtesse de Candale, fut la victime d'un accident aussi d sagr able qu'il peut tre dangereux et qu'il est vulgaire. Comme son cocher tournait l'angle de l'avenue d'Antin pour gagner la descente des Champs- lys es, le cheval du coup prit peur, fit un cart et s'abattit en heurtant la voiture contre le trottoir si maladroitement que le brancard de gauche cassa net. La comtesse en fut quitte pour une forte secousse et quelques secondes d'un subit saisissement nerveux. Mais toutes les combinaisons de sa journ e se trouvaient bouscul es du coup; or la liste en tait longue, juger par l'ardoise blanche encadr e de cuir et plac e sur le devant de la voiture avec la petite pendule et le portefeuille aux cartes de visite. Aussi le joli visage de la jeune femme, ce mince visage aux traits d licats, au profil t nu, aux frais yeux bleus et qu' clairait une si chaude nuance de cheveux blonds, exprimait-il une contrari t voisine de la col re tandis qu'elle descendait de son coup au milieu d'une foule d j compacte. La curiosit g n rale dont elle se vit l'objet acheva de la mettre en m chante humeur, et ce fut avec une voix tr s dure, elle si juste d'ordinaire, si indulgente m me pour ses gens, qu'elle dit au valet de pied: -Fran ois, aussit t que le cheval sera debout, vous laisserez ce maladroit d'Aim se d brouiller tout seul... Vous irez au cercle de la rue Royale. Il me faut une voiture avant une demi-heure chez Mme de Tilli res. Et elle s'achemina, de son pied chauss de bottines presque trop fines pour la moindre marche, vers la rue Matignon, o habitait l'amie dont elle venait de jeter le nom au pauvre Fran ois. Ce dernier, un grand gar on tout penaud dans sa longue livr e brune, p le encore de l'effroi que lui avait caus la chute du cheval, n'avait pas fini de r pondre: -Oui, madame la comtesse, que d j son camarade, d gringol du si ge et rouge, lui, d'humiliation, le gourmandait sur sa gaucherie l'aider. Mais Mme de Candale avait fendu la masse des curieux. Elle ne songeait plus qu'au bouleversement de son apr s-midi... Paul Bourget, n Amiens le 2 septembre 1852 et mort Paris le 25 d cembre 1935, est un crivain et essayiste catholique fran ais issu d'une famille originaire d'Ard che. Ayant donn le signal d'une r action contre le naturalisme en litt rature, Bourget est d'abord tent par le roman d'analyse exp rimental. La finesse de ses tudes de moeurs et de caract res s duit le public mondain qu'il fr quente dans les salons parisiens de la Troisi me R publique. Ses premiers romans - Cruelle nigme (1885), Un crime d'amour (1886) et Mensonges (1887) - ont ainsi un grand retentissement aupr s d'une jeune g n ration en qu te de r ve de modernit . Le romancier change ensuite de direction et s'oriente partir du roman Le Disciple (1889), consid r comme son oeuvre majeure, vers le roman th se, c'est- -dire le roman d'id es. Il ne se contente plus de l'analyse des moeurs mais en d voile les origines et les causes, soumises des lois in luctables et dont la transgression am ne tous les d sordres individuels et sociaux. Cette nouvelle voie conduit Paul Bourget crire des romans davantage psychologiques: L' tape (1902), Un divorce (1904) et Le D mon de midi (1914). Il est alors influenc dans son engagement litt raire et dans son orientation romanesque par sa conversion au catholicisme et tente une synth se entre la science et la foi. L' crivain est amen appliquer son talent de romancier psychologue et moraliste aux probl mes sociaux, politiques et religieux de son temps de ce d but de XXe si cle.