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Paul Bourget

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373 kirjaa

Kirjojen julkaisuhaarukka 2004-2026.

Physiologie de l'amour moderne

Physiologie de l'amour moderne

Paul Bourget

Createspace Independent Publishing Platform
2015
nidottu
EXTRAIT PR FACE Au mois de septembre 1888, la Vie Parisienne, ce curieux journal d'observation et de raillerie, d' l gance mondaine et de philosophie profonde, l'image en un mot de Marcelin, -ce dandy camarade de Taine, -et que son esprit anime encore, publiait la lettre suivante, adress e son directeur par le signataire de la pr sente pr face: Je vous envoie, cher monsieur, le manuscrit que mon pauvre ami Claude Larcher m'a l gu avec mission de vous l'offrir sous ce titre: Physiologie de l'Amour moderne ou M ditations de philosophie parisienne sur les rapports des sexes entre civilis s dans les ann es de gr ce 188-.... Je ne sais si vous trouverez dans ces pages, d'ailleurs inachev es, la l g ret de main qu'il e t fallu. Quand il commen a cette Physiologie, Claude suivait d j cette carri re d'homme tr s malheureux en amour, qui est celle de quelques jeunes gens Paris. Il avait, certes, d'excellentes raisons pour ne pas croire la fid lit de sa ma tresse, cette Colette Rigaud qu'il a trop affich e pour que ce soit une indiscr tion de la nommer. Mais, force d'en parler, il tait devenu un virtuose, presque un dilettante de sa propre infortune, au point qu'il e t t fort embarrass si elle lui avait offert de l'aimer uniquement, fid lement, et si elle avait tenu parole. Cette d ception lui fut pargn e. Il continua de g mir sur les perfidies de cette fille avec une pers v rance qui le rendit intol rable ses meilleurs amis. Moi-m me, dois-je l'avouer? je l' vitais dans les derniers temps pour ne plus subir le cinquanti me r cit de ses infortunes amoureuses. L'actrice partit pour la Russie, et nous esp r mes que la manie de Claude s'apaiserait. Elle grandit. Il allait au cercle des Mirlitons r citer la liste des amants de Colette, au tiers, au quart, des gens qu'il connaissait de la veille, jusqu' ce qu'un de nos camarades finit par lui dire: Laisse-nous donc tranquilles, nous savions tout cela avant toi.... Sur ce mot, il prit le cercle en horreur, comme il avait d j fait le th tre, parce qu'elle avait jou la com die; le monde et le demi-monde, parce qu'il s'y rencontrait avec des rivaux, -et des rivales;-les caf s, parce que nos confr res le plaisantaient sur ses dol ances; son int rieur, parce qu'elle y tait venue. Il fut la victime, comme il arrive, de cette com die, aux trois quarts sinc re, qu'il se jouait lui-m me et aux autres. Il crut, en effet, devoir ses d sillusions de se livrer l'alcool. Il ne sortit plus de deux ou trois bars anglais o il s'intoxiquait de cocktails et de whisky en compagnie de jockeys et de bookmakers. Une dyspepsie, caus e par ces absurdes exc s, le for a de quitter Paris au moment m me o la reprise fructueuse de sa premi re pi ce allait lui permettre de r gler ses dettes les plus pressantes et de remonter le courant. Il se retira en Auvergne, chez une vieille parente. Il dut baucher l les derniers chapitres de sa Physiologie, avant la crise de foie, mal soign e dans cette campagne perdue, qui l'emporta en juin dernier. Vous voyez, cher monsieur, que les quelque vingt m ditations, peu coh rentes par les dates et les endroits de travail, qui composent ce livre, sont l'oeuvre d'un cerveau singuli rement morbide. Cela soit dit pour excuser de nombreux paradoxes et des allusions qui font songer au vers classique et regretter que le style de Claude ...se ressente des lieux et fr quentait l'auteur....
La Terre promise

La Terre promise

Paul Bourget

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2015
nidottu
PR FACE I un pareil titre n'e t point paru trop ambitieux, ce livre se serait appel le Droit de l'Enfant. Le probl me particulier qui s'y trouve pos se rattache en effet cet autre plus g n ral: Jusqu' quel point le fait d'avoir donn volontairement la vie un autre tre nous engage-t-il envers cet tre? Dans quelle mesure notre personnalit est-elle oblig e d'abdiquer l'ind pendance de son d veloppement devant cette existence nouvelle? Ne vous y trompez pas. Cette question si vague devient terriblement pr cise dans la pratique, et la port e en est infinie. Suivant la r ponse que vous y ferez, vous serez pour ou contre le divorce, pour ou contre les seconds mariages des veufs et des veuves, pour ou contre l' ducation par l'internat, pour ou contre la recherche de la paternit , pour ou contre l'absolution des f roces vengeances conjugales qualifi es si complaisamment de crimes passionnels. Ces quelques exemples peuvent tre multipli s son gr par le lecteur qu'int ressent ces sortes d' tudes. Ils suffisent montrer la complexit singuli re de ce probl me de l'enfant qui ne r sume rien moins que toute la moralit de l'amour. C'est dire que les cas de conscience qui en d coulent sont innombrables. Celui qui fait la mati re de Terre promise est probablement un des plus communs, un de ceux aussi que l'honn tet courante r sout avec le moins d'h sitation. Un homme a t l'amant d'une femme mari e un autre. Il a eu de cette femme un enfant inscrit sous le nom de cet autre. Mais il ne saurait douter, il ne doute pas qu'il ne soit le v ritable p re. Garde-t-il des devoirs envers cet enfant, et quels devoirs? Garde-t-il des droits, et quels droits? Est-il coupable de continuer sa vie propre sans en tenir aucun compte? Le lien myst rieux du sang implique-t-il n cessairement une obligation, latente, si l'on peut dire, et que telle ou telle circonstance d couvrira? Je ne crois pas exag rer en affirmant que neuf hommes sur dix feront cette s rie de nouvelles questions une r ponse n gative. C'est pour le dixi me qu'est crit ce roman, pour celui dans le coeur duquel les passions et l'exp rience n'ont pas enti rement aboli le noble sens du scrupule, et qui ce n'est point assez, pour s'estimer tout fait, d'avoir concili son int r t avec les convenances et son plaisir avec la correction mondaine ou bourgeoise. Peut- tre celui-l jugera-t-il que ce drame de la paternit dans l'adult re demeure un des plus tragiques et des plus humains parmi ceux que pr sente quotidiennement la vie r elle, et qu'il vaut toujours la peine d'en tudier de plus pr s les donn es et les p rip ties. Paul Bourget, n Amiens le 2 septembre 1852 et mort Paris le 25 d cembre 1935, est un crivain et essayiste catholique fran ais issu d'une famille originaire d'Ard che. Ayant donn le signal d'une r action contre le naturalisme en litt rature, Bourget est d'abord tent par le roman d'analyse exp rimental. La finesse de ses tudes de moeurs et de caract res s duit le public mondain qu'il fr quente dans les salons parisiens de la Troisi me R publique. Ses premiers romans - Cruelle nigme (1885), Un crime d'amour (1886) et Mensonges (1887) - ont ainsi un grand retentissement aupr s d'une jeune g n ration en qu te de r ve de modernit . Le romancier change ensuite de direction et s'oriente partir du roman Le Disciple (1889), consid r comme son oeuvre majeure, vers le roman th se, c'est- -dire le roman d'id es. Il ne se contente plus de l'analyse des moeurs mais en d voile les origines et les causes, soumises des lois in luctables et dont la transgression am ne tous les d sordres individuels et sociaux. Cette nouvelle voie conduit Paul Bourget crire des romans davantage psychologiques: L' tape (1902), Un divorce (1904) et Le D mon de midi (1914). Il est alors influenc dans son
Laurence Albani

Laurence Albani

Paul Bourget

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2015
nidottu
Laurence Albani est issue d'une famille pauvre de paysans. Elle passe quelques ann es aupr s d'une Lady anglaise qui va lui faire conna tre un autre monde. Au d c s de cette derni re, Laurence retourne la campagne, aupr s de sa famille. Elle y retrouve Pascal et Pierre, tous deux amoureux d'elle. Son coeur h site entre le fermier et l'homme de la ville, mais les circonstances de la vie vont lui permettre de choisir sans h sitation.
Un homme d'affaires

Un homme d'affaires

Paul Bourget

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2015
nidottu
Contrairement ce que le titre pourrait laisser penser, cette longue nouvelle n'examine nullement le monde des affaires comme, par exemple, dans l'Argent de Zola. C'est encore une histoire de coeur, mais, cette fois un peu cors e. La vengeance du banquier parvenu, tromp assidument et dans la fid lit l'amant, par la fille du couple adult re est un sujet certainement original...
Mensonges

Mensonges

Paul Bourget

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2015
nidottu
" ...Tandis que je travaillais cette oeuvre de doute et d'analyse triste, dans ma solitude d'outre-Manche, cette ann e-ci, j'ai bien souvent voqu , pour me reposer de ces noires imaginations, le souvenir de notre gaiet d'alors. Je revoyais la servante, au p le visage digne d'une vierge de Burne Jones, qui passait, silencieuse et l g re, comme un esprit; les h tes charmants qui nous recevaient dans le po tique Rylstone; et ce chine, ce ravin, touffu et ombreux, l'extr mit duquel bleuissait la mer et o les foug res verdoyaient, si hautes, si vivantes, si d licates Mais c'est vous surtout que je pensais, mon cher Louis, et au charme de votre s re amiti qui m'a donn tant d'heures pr cieuses depuis ces heures lointaines. Trouvez ici, dans l'offre que je vous fais de ce nouveau roman, un t moignage trop faible de l'affection que je vous ai vou e en retour, - affection qui, elle du moins, n'est pas un mensonge..."
Une nuit de Noël sous la Terreur

Une nuit de Noël sous la Terreur

Paul Bourget

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2015
nidottu
Apr s quelques pages historiques d'introduction, Paul Bourget pr sente ainsi ce sombre r cit, h las vraiment v cu qui se d roule pendant la r volution fran aise. Voici quelques mots: Quoique quarante ans se soient coul s entre le jour de No l o j' cris ces lignes (1833) et celui dont je veux retracer l'angoisse (1793), aucune des motions travers es alors ne s'est effac e de mon esprit. Il existe aussi des No ls non joyeux...
Le Fantôme

Le Fantôme

Paul Bourget

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2015
nidottu
Un homme tombe amoureux et pouse la fille d'une femme dont il a jadis t l'amant. Le fant me de la m re morte, laquelle la fille ressemble trait pour trait, ne cesse de l'obs der. Il a l'impression de commettre un inceste, et songe au suicide... Ici, Bourget, fascin par l'extranaturel, voque du Maupassant et m me du Poe, et fournit une explication psychologique au fant me loin de la m tapsychique.
Pauvre petite !

Pauvre petite !

Paul Bourget

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2015
nidottu
" Depuis quand nous connaissions-nous Louise et moi ? Je n'en sais plus rien, nous nous tions souvent rencontr es, toutes petites, toutes les deux en grand deuil, elle, de son p re, moi, de ma m re. Nos gouvernantes taient en relations, nous avions fini par nous parler, nous nous tions plu, puis aim es, et cette amiti -l , nous ne l'avons jamais trahie. Mon p re, plong dans la douleur que lui avait caus e la mort de ma m re, avait renonc toute esp ce de luxe, et s'occupait peu de moi; il sortait toujours seul et ne me parlait presque jamais. Toutefois il ne n gligeait rien pour mon bien- tre et d sirait que mon ducation f t soign e..."
Les Deux Soeurs

Les Deux Soeurs

Paul Bourget

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2015
nidottu
Lire Les deux soeurs de Paul Bourget, c'est se plonger dans l'ambiance de la bourgeoisie fran aise du 19 me si cle, une poque o le Mariage tait une valeur part enti re. Madeleine et Agathe sont soeurs mais sont extr mement diff rentes: l'une est douce, affectueuse, honn te et loyale, tandis que l'autre est plus ambitieuse, go ste et souvent tortur e par la jalousie. En souhaitant le meilleur pour sa soeur, pourtant peu sympathique, Madeleine s'embarque dans une "aventure amoureuse" qui va mettre son coeur et ses sentiments rude preuve... Il peut tre int ressant de conna tre le m me th me trait par Th ophile Gautier dans Laquelle des deux ?...
La Terre promise

La Terre promise

Paul Bourget

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2015
nidottu
" Si un pareil titre n'e t point paru trop ambitieux, ce livre se serait appel le Droit de l'Enfant. Le probl me particulier qui s'y trouve pos se rattache en effet cet autre plus g n ra: Jusqu' quel point le fait d'avoir donn volontairement la vie un autre tre nous engage-t-il envers cet tre ? Dans quelle mesure notre personnalit est-elle oblig e d'abdiquer l'ind pendance de son d veloppement devant cette existence nouvelle ? "
Le danseur mondain suivi de Pauvre petite

Le danseur mondain suivi de Pauvre petite

Paul Bourget

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2015
nidottu
Extrait du danseur mondain - Voulez-vous nous rejouer ce Fox-blues, mademoiselle Morange ? dit le ma tre de danse la jeune femme assise au piano dans le petit salon d'h tel qui servait cette le on. Et vous, mademoiselle Favy, - il s'adressait son l ve, - nous reprenons ?... Plus vivement, cette fois. Rappelez-vous: Ne pas briser l' lan. La marche moins raide que dans le One Step. Des pas de c t , un en avant, l g rement fl chis, un peu lanc s. Donner l'impression d'un oiseau qui va s'envoler. a, c'est bien, tr s bien. Ne pliez pas le genou... Et les deux jeunes gens glissaient, troitement enlac s, au rythme de la musique, - cette musique pr cipit e et monotone, m lancolique et saccad e, qui caract rise les danses d'aujourd'hui. Depuis la guerre de 1914 et sa longue trag die, il y a de la fr n sie et de la tristesse, la fois, dans les moindres gestes d'une soci t trop profond ment branl e. M me ceux qui ne devraient, comme une sauterie dans un bal, n' tre qu'un plaisir et qu'une d tente, sont touch s de n vropathie. Un ruban, nou la boutonni re du veston ajust du ma tre de danse, attestait que, peu d'ann es auparavant, - on tait en 1925, - il prenait part en effet cette terrible guerre et s'y distinguait. Ce martial pisode semblait bien absent de son visage, tr s viril certes dans sa joliesse, mais comment concilier de sanglants et sinistres souvenirs avec l'esp ce de frivole ferveur qu'il mettait conduire les pas de son l ve: une jeune fille de vingt ans, souple, mince, et dont les traits d licats taient comme clair s par des prunelles bleues d'une intensit singuli re ? Ce couple l gant, agile, uni dans un accord balanc de tous les mouvements, allait et venait ainsi, dans le d cor banal et faussement stylis de ce salon d'un h tel de la Riviera, ouvert largement sur un lumineux et grandiose paysage. La baie d'Hy res se d veloppait, encadr e d'un c t par le sombre massif des Maures, de l'autre par les montagnes de Toulon, et ferm e par les les que les Grecs appelaient jadis les Stoechades, les rang es en lignes . la pointe de l'une, celle de Porquerolles, surgissent les r cifs des M des, Mediae Rupes, - les Roches du Milieu. Ce nom justifiait celui de l'h tel, britanniquement et barbarement baptis M des-Palace. Il tait situ sur une hauteur, mi-chemin entre la ville d'Hy res et la rivi re du Gapeau. Extrait de pauvre Depuis quand nous connaissions-nous Louise et moi ? Je n'en sais plus rien, nous nous tions souvent rencontr es, toutes petites, toutes les deux en grand deuil, elle, de son p re, moi, de ma m re. Nos gouvernantes taient en relations, nous avions fini par nous parler, nous nous tions plu, puis aim es, et cette amiti -l , nous ne l'avons jamais trahie. Mon p re, plong dans la douleur que lui avait caus e la mort de ma m re, avait renonc toute esp ce de luxe, et s'occupait peu de moi; il sortait toujours seul et ne me parlait presque jamais. Toutefois il ne n gligeait rien pour mon bien- tre et d sirait que mon ducation f t soign e. La m re de Louise, au contraire, vite consol e, ne vivant que pour sa fille, travaillait grand-peine r tablir une fortune tr s compromise la mort de son mari. Nos vies se ressemblaient donc, en somme, quoique par des raisons tr s diff rentes. Nous avons ainsi pass notre premi re enfance, nous cherchant toujours et toujours heureuses de nous retrouver. Que de douces heures se sont coul es nous confier l'une l'autre nos importantes affaires... ces mille riens qui tiennent une si grande place dans les existences de dix douze ans, ... que sais-je, une promenade projet e et manqu e, une le on plus ou moins bien apprise cet ge, on ignore encore quel chapeau sied le mieux, ou quelle robe avantage la tournure; j'avoue pourtant ma honte que Louise a commenc s'en
Andre Cornelis

Andre Cornelis

Paul Bourget

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2015
nidottu
Extrait chapitre I Quand j' tais enfant, je me confessais. Combien j'ai souhait de fois tre encore celui qui entrait dans la chapelle vers les cinq heures du soir, cette vide et froide chapelle du coll ge avec ses murs cr pis la chaux, avec ses bancs num rot s, son maigre harmonium, sa criarde Sainte Famille, sa vo te peinte en bleu et sem e d' toiles. Un ma tre nous amenait, dix par dix. Quand arrivait mon tour de m'agenouiller dans l'une des deux cases r serv es aux p nitents sur chaque c t de l' troite gu rite en bois, mon coeur battait se rompre. J'entendais, sans bien distinguer les paroles, la voix de l'aum nier en train de questionner le camarade la confession duquel succ derait la mienne. Ce chuchotement me poignait, comme aussi le demi-jour et le silence de la chapelle. Ces sensations, jointes la honte de mes p ch s dire, me rendaient presque insupportable le bruit de la planchette que tirait le pr tre. travers la grille, je voyais son regard aigu, son profil si arr t , quoique le visage f t gras et congestionn . Quelle minute d'angoisse en mourir, mais aussi quelle douceur ensuite Quelle impression de supr me libert , d'intime all geance, de faute effac e, et comme d'une belle page blanche offerte ma ferveur pour la bien remplir Je suis trop tranger aujourd'hui cette foi religieuse de mes premi res ann es pour m'imaginer qu'il y e t l un ph nom ne d'ordre surnaturel. O gisait donc le principe de d livrance qui me rajeunissait toute l' me ? Uniquement dans le fait d'avoir dit mes fautes, jet au dehors ce poids de la conscience qui nous touffe. C' tait le coup de bistouri qui vide l'abc s. H las Je n'ai pas de confessionnal o m'agenouiller, plus de pri re murmurer, plus de Dieu en qui esp rer Il faut que je me d barrasse pourtant de ces intol rables souvenirs. La trag die intime que j'ai subie p se trop lourdement sur ma m moire. Et pas un ami qui parler, pas un cho o jeter ma plainte. Certaines phrases ne peuvent pas tre prononc es, puisqu'elles ne doivent pas avoir t entendues... C'est alors que j'ai con u l'id e, afin de tromper ma douleur, de me confesser ici, pour moi seul, sur un cahier de papier blanc, - comme je ferais au pr tre. Je jetterai l tout le d tail de cette affreuse histoire, morceau par morceau, comme le souvenir viendra. Une fois cette confession finie, je verrai bien si l'angoisse est finie aussi. Ah diminu e seulement ... Qu'elle soit moindre Que je puisse aller et venir, avoir ma part de la jeunesse et de la vie J'ai tant souffert et depuis si longtemps, et je l'aime, cette vie, malgr ces souffrances. Un verre de cette noire drogue, de ce laudanum que j'ai dans un flacon, pour les nuits o je ne dors pas, et cette lente torture de mes remords cesserait du coup.
Une Laborantine

Une Laborantine

Paul Bourget

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2015
nidottu
Le jeune Marcel Breschet, professeur de lettres au lyc e de Nevers, est un gar on brillant qui, tout en donnant ses cours, travaille sa th se sur le Dieu Janus. Mais des v nements vont venir bouleverser sa vie. peine rentr chez lui, son p re, ancien tr sorier payeur g n ral la retraite, se d p che de l'entretenir d'affaires de famille. Le grand-p re paternel de Marcel lui demande de l'argent pour affaire d'honneur. De quoi peut-il bien s'agir? Le p re de Marcel est un fonctionnaire de sens rassis, contrairement son p re l'agent de change, qui n'h site pas devant les dangers de la sp culation et de l'industrie. C'est ainsi que le grand-p re du jeune Marcel a d j eu plusieurs fois recours sa famille, qui cette fois se cabre. Le jeune homme, sous couvert de recherches pour sa th se, est donc envoy dans la capitale afin d' claircir cette sombre affaire. Ce sera l'occasion pour lui de d couvrir la vie. Et le secret de son grand-p re. Paule Gauthier, la Laborantine est-elle une pure jeune fille ou une noire manipulatrice? Et quel est exactement le r le de son fr re, que le vieux Breschet prot ge? Un roman, un brin moraliste, que certains pr f reront lire au second degr .